Bernard Tapie a vendu ses actions du Club Méditerranée

E.M. avec AFP

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L'homme d'affaires Bernard Tapie a annoncé avoir récemment vendu "toutes ses actions" du Club Méditerranée, réalisant au passage une importante plus-value, dans un entretien publié mardi par l'Express.

"J'ai vendu toutes mes actions", a-t-il affirmé, selon des déclarations publiées sur le site internet du magazine. "J'ai interrogé beaucoup de professionnels. Pas un seul n'est convaincu que le modèle économique du Club est viable", a justifié M. Tapie.

Vente des actions

L'homme d'affaires avait annoncé en juin dernier avoir racheté un peu plus de 1% du Club Med pour 2,5 millions d'euros. Une opération qui avait suscité une vive polémique après les attaques en règle de M. Tapie contre la stratégie du groupe, dirigé par Henri Giscard d'Estaing.

"J'ai vendu mes dernières actions quelques jours avant la publication des comptes", a expliqué M. Tapie. Vendredi dernier, l'opérateur avait annoncé avoir plongé dans le rouge au cours de son exercice décalé 2008/2009 clos au 31 octobre, subissant une perte nette de 53 millions d'euros.

"Ces derniers résultats confirment que le modèle économique du Club ne fonctionne pas", a commenté M. Tapie. "On est dans la caricature d'un certain modèle économique à la française, où les administrateurs sont davantage sensibles à des vacances gratuites qu'à la valeur de leur patrimoine, qui n'est d'ailleurs pas le leur", a-t-il encore tempêté.

Plus-value

Au passage, l'homme d'affaires a réalisé une importante plus-value. "J'y ai trouvé mon compte puisque j'ai revendu mes titres 30% plus chers que mon prix d'achat", affirme M. Tapie. Selon le Canard Enchaîné, il aurait touché au total entre "1,5 et 2 millions d'euros".

Interrogé, le Club Méditerranée n'a pas souhaité commenter le retrait de l'homme d'affaires du capital du groupe.

Plainte

Le Club Méditerranée avait déposé plainte le 11 juin contre Bernard Tapie à Paris pour "diffusion d'informations fausses et trompeuses et manipulation de cours". Il accusait M. Tapie de faire baisser les cours de la société, en dénigrant notamment sa direction, pour y prendre des participations.

Il avait aussi saisi l'Autorité des marchés financiers (AMF), le gendarme de la Bourse de Paris, qui avait lancé une enquête sur l'évolution de l'action. L'annonce de l'acquisition de titres par M. Tapie avait provoqué une flambée du cours de l'action.