La Sécu face à une baisse sans précédent des recettes

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La baisse de l'emploi salarié (-322.000 postes en 2009) prive la Sécurité sociale d'environ 2,6 milliards d'euros de cotisations. Une baisse d'un point de pourcentage de la masse salariale équivaut à deux milliards d'euros de recettes perdues par la Sécu.

Or, la masse salariale du secteur privé (nombre d'emplois multiplié par les salaires et primes) affiche une baisse de 1,3% en 2009, du jamais vu depuis l'après-guerre, a annoncé jeudi l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), à l'exception d'un trimestre pour faits de grève en 1968.

Le recul de la masse salariale est dû principalement à la disparition d'emplois salariés mais aussi à la hausse du chômage partiel et à la diminution des heures supplémentaires. Elle est la principale cause du creusement sans précédent du déficit du régime général (salariés) de la Sécurité sociale.

La baisse des recettes de la Sécurité sociale (403,7 milliards de recettes prévues en 2010) s'accompagne d'une forte hausse des prestations. Conséquence de cet effet ciseaux: le déficit de la Sécu sociale va atteindre 23,5 milliards d'euros pour 2009 et de 32 milliards en 2010 contre 10 milliards en 2008.

Baisse de l'emploi et des heures sup et modération des salaires

En 2009, le salaire moyen par tête (SMPT) a connu un rythme de hausse qualifié par l'Acoss de "très modéré par rapport aux années précédentes" (+1,2% au 4ème trimestre sur un an, contre environ 2,5%).

C'est dû à "l'impact de l'indemnisation du chômage partiel". L'indemnité de chômage partiel, à la différence du salaire, est exonérée de cotisations patronales (mais pas de la CSG) ce qui fait perdre beaucoup de recettes à la Sécu.

La baisse de la masse salariale tient aussi, note l'Acoss, à "la diminution des

heures supplémentaires
". Elles sont encouragées par le gouvernement et continuent de bénéficier d'exonérations sociales et fiscales.