Dénonciateur d'évadés fiscaux: le meilleur job du monde?

Elsa Meyer

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En cette période de pression sur les salaires et le pouvoir d'achat, une profession échappe à la crise: dénonciateur d'évadés fiscaux suisses. Entre les Etats-Unis, la France et maintenant l'Allemagne, la délation de contribuables peu scrupuleux est à la mode et peut rapporter gros.

Des millions de dollars pour Birkenfeld

Tout commence en 2008 avec la confession de l'un des employés américains de la banque suisse UBS. Bradley Birkenfeld avoue avoir fraudé le fisc et dénonce par la même 19.000 clients qui auraient placé environ 13,5 milliards d'euros chez UBS.

Des révélations qui ont obligé la banque à payer une amende de 780 millions de dollars (545 millions d'euros) à Washington et poussé 10 000 évadés fiscaux américains à faire amende honorable.

Héros du patriotisme fiscal, Bradley Birkenfeld n'en a pas moins été condamné par la justice en août dernier pour avoir omis de livrer le nom de l'un des plus gros fraudeurs. Depuis le 8 janvier, il purge une peine de trois ans et quatre mois de prison.

Mais dès sa sortie, il devrait récupérer une coquette somme de la part de l'administration américaine. D'après son avocat, Bradley Birkenfeld pourrait ainsi toucher une récompense allant jusqu'à 30 % des sommes récupérées par le fisc grâce à son témoignage. Soit plusieurs millions de dollars.

2,5 millions d'euros pour Falciani?

Hervé Falciani, l'employé de la banque HSBC à Genève, a aussi bien l'intention d'arrondir ses fins de mois grâce à ses dénonciations.

Après avoir procuré à la France une liste d'évadés fiscaux en Suisse, il aurait fait de même avec l'Allemagne, selon le Financial Times Deutschland de ce lundi.

L'informaticien proposerait 1.300 noms en échange de la coquette somme de 2,5 millions d'euros.

Même si Bercy a toujours nié avoir payé pour obtenir ces informations, l'Allemagne réfléchirait pour l'instant sur l'opportunité de racheter ces données volées.

Une opération qui permettrait à Hervé Falciani de renflouer largement son compte en banque, dont l'histoire ne dit pas encore s'il sera en Suisse ou non.