Kerviel n'a pas été diffamé par Charles Milhaud

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L'ancien trader de la Société Générale Jérôme Kerviel a été débouté jeudi par le tribunal correctionnel de Paris

des poursuites en diffamation qu'il avait engagées contre Charles Milhaud, l'ex-patron de la Caisse d'Epargne
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Le trader, mis en examen, notamment pour "abus de confiance", soupçonné de falsifications dans le cadre de prises de position sur les marchés financiers qui ont fait perdre à la Société générale 4,9 milliards d'euros, estimait avoir été diffamé par Charles Milhaud dans une interview accordée au Journal du Dimanche. Interrogé après que la Caisse d'épargne eut annoncé une perte de 600 millions d'euros (751 millions d'euros au final, ndlr)

attribuée à un autre trader soupçonné d'avoir outrepassé son mandat
, Charles Milhaud avait assuré dans cette interview publiée le 19 octobre 2008 qu'il ne s'agissait pas d'une "nouvelle affaire Kerviel". "D'abord parce que chez nous tout s'est joué en quelques jours. Ensuite, personne n'a cherché à dissimuler quoi que ce soit. Il n'y a pas non plus eu de volonté d'enrichissement personnel ni de malversation", avait-il expliqué.

"M. Milhaud a été plus loin dans ces propos que la Société générale elle-même qui a reconnu que Jérôme Kerviel n'avait jamais cherché un enrichissement personnel", avait déploré l'un des avocats de Jérôme Kerviel, Me Jean-Luc Tissot, au début de l'affaire.

Jeudi, la 17e chambre a considéré que les propos litigieux étaient bien diffamatoires mais a octroyé à M. Milhaud "le bénéfice de la bonne foi". Pour les magistrats parisiens, il était "légitime" pour M. Milhaud d'évoquer dans cette interview l'affaire de la Société générale, qui "est devenue, à tort ou à raison, un symbole et un marqueur de l'économie de la finance en ce début de siècle".

Le tribunal a estimé que le propos poursuivi n'avait "pas la portée que Jérôme Kerviel lui prête" et qu'il "ne saurait sérieusement compromettre les moyens de défense qu'il entend développer devant la juridiction qui aura à en connaître".