La dette de la Grèce dans le collimateur des agences

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Coup de tonnerre sur l'Acropole. L'agence de notation Fitch a abaissé mardi la note de dette à long terme de la Grèce, de A- à BBB+, en raison d'"inquiétudes" à moyen terme sur la situation des finances publiques du pays.

La note de Fitch "reflète le manque de crédibilité que la Grèce a malheureusement accumulé ces dernières années ainsi que la situation économique extrêmement difficile", a déclaré le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, à l'issue d'un entretien avec le gouverneur de la Banque de Grèce (BdG), Georges Provopoulos.

Soumise à de fortes pressions depuis la crise de Dubaï, la Grèce se trouve dans le collimateur depuis deux semaines en raison de l'explosion de son déficit public, prévu à 12,7% du produit intérieur brut (PIB), et de sa dette publique, attendue à 113% du PIB pour la fin de l'année. Selon Fitch, la dette publique grecque pourrait en réalité atteindre près de 130% de son PIB.

Menaces

La veille, l'agence de notation Standard and Poor's a placé les perspectives du pays sous surveillance avec implication négative. S&P estime que la politique du nouveau gouvernement ne permettra pas d'assainir les finances publiques du pays.

Moody's a également placé la note de la Grèce sous surveillance, menaçant elle aussi de dégrader sa note. Une dégradation de la note de crédit d'un pays se traduit par un renchérissement du coût de la dette que supporte celui-ci.

En prenant sa décision, Fitch ne fait qu'acter une situation déjà anticipée par le marché. Le coût de la protection contre la dette souveraine de la Grèce est l'un des plus élevés dans la zone euro, à un niveau supérieur à celui de l'Irlande. Les CDS à 5 ans sur la dette de la Grèce cotent 204,40 points, selon CME, contre 25,95 pour la France.

La pression de S&P devrait servir comme "une alerte" au gouvernement pour l'adoption de mesures "strictes" allant jusqu'au gel des salaires, ce que M. Papaconstaninou a toutefois exclu jusqu'ici.

Faillite?

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, s'est dit "confiant" dans le fait que la Grèce prendra "les décisions appropriées", écartant les scénarios d'une éventuelle faillite du pays.

"Face aux inquiétudes provoquées par la position financière négative du pays (...) nous allons faire le nécessaire pour arriver là où il faut", a déclaré le gouverneur de la BdG, M. Provopoulos. Le gouverneur a affirmé que "face aux soi-disant problèmes de financement (...) nous avons élaboré des programmes de financement qui couvrent les sources de financement au delà de la Banque centrale européenne et ces programmes sont déjà appliqués avec succès".

Le gouvernement prévoit de réduire les dépenses publiques pour ramener le déficit public à 9,1% du PIB en 2010