Moody's, 3ème agence à abaisser la note de la Grèce

AFP

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Moody's a annoncé mardi avoir abaissé la note des obligations de l'Etat grec de A1 à A2 en raison des incertitudes entourant toujours les risques de solvabilité à long terme du pays, en dépit de l'engagement du gouvernement grec à prendre à bras le corps le problème de sa dette colossale. Mais à la différence de ses consoeurs, Moody's n'a pas rétrogradé la Grèce à la lettre B et fait preuve de mansuétude dans ses commentaires, à la satisfaction des marchés.

"Moody's pense qu'il est très peu probable que la Grèce doive faire face à des problèmes de liquidités et de refinancement à court terme (...)", indique ainsi l'agence dans son communiqué. Et surtout, elle "ne croit pas que les difficultés du gouvernement grec représentent un test vital pour l'avenir de la zone euro (...)".

Loin d'affoler les marchés, la décision de Moody's a rassuré. Sur le marché des bons du Trésor grec, directement concerné par la décision de Moody's, le taux des obligations sur dix ans s'est détendu passant de 5,955% hier à 5,734% aujourd'hui.

Crise de solvabilité

La Grèce reste confrontée à l'une des pires crises financières de son histoire récente, avec une explosion du déficit et de la dette publique, estimés respectivement à 12,7% et 113% du PIB pour 2009. L'objectif de redressement budgétaire fixé pour 2010 est désormais d'une réduction de l'ordre de 4% du déficit.

Le budget de l'Etat grec pour 2010, récemment présenté, vise à mettre de l'ordre dans "le chaos" des finances publiques du pays, a ainsi affirmé dimanche soir le ministre grec des Finances Georges Papaconstantinou. Ce dernier a également assuré que la Grèce ne ferait pas faillite et ne chercherait pas à être renflouée par d'autres membres de la zone euro.

La Banque centrale européenne (BCE) a fait savoir lundi qu'elle n'avait "aucune intention" de venir au secours de la Grèce, qui devrait "pouvoir remplir elle-même ses promesses" d'assainir ses finances, selon Ewald Nowotny, un membre du conseil des gouverneurs. Les traités européens interdisent aux banques centrales et à la BCE d'accorder des crédits aux Etats membres.