Accor: la scission présentée mercredi aux salariées

E24 avec AFP

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Le projet de scission des deux métiers du groupe Accor, l'hôtellerie et services, sera évoqué dès mercredi lors d'un comité de groupe, a-t-on appris mardi de source syndicale, confirmant une information du site internet de Challenges.

"Ce sont ces deux piliers qui ont permis jusqu'ici à Accor de surmonter les crises. Une scission risque d'avoir des conséquences sur l'emploi, surtout dans l'hôtellerie", a commenté à l'AFP Michel Légalité, représentant CGT au comité de groupe d'Accor.

Le sujet a été mis à l'ordre du jour du comité de groupe (comité d'entreprise incluant les filiales) à l'initiative des syndicats, inquiets des conséquences sociales d'une éventuelle scission, a-t-il précisé. Interrogé par l'AFP, le groupe n'a pas souhaité commenter l'information.

Le projet de scission, qui sera également au centre d'un conseil d'administration programmé le 15 décembre, ne fait pas l'unanimité parmi les actionnaires d'Accor. Une décision devrait de toute façon être prise avant la fin de l'année.

Le fonds Colony Capital et la société d'investissement Eurazeo, qui détiennent ensemble près de 30% du capital d'Accor et représentent un tiers des administrateurs, soutiennent la scission.

Le Fonds stratégique d'investissement (FSI) qui a hérité de la participation de la Caisse des dépôts (7,5% du capital) s'y oppose et étudie "des solutions alternatives".

Michel Légalité a dénoncé "les pressions exercées sur la direction d'Accor par les fonds d'investissement Colony et Eurazeo qui veulent des profits à court terme", redoutant à terme aussi une cession de l'enseigne haut de gamme Sofitel.

Accor avait annoncé fin août avoir lancé une étude sur la pertinence d’une séparation de ses deux métiers en deux entités autonomes "ayant leur stratégie propre et les moyens de leur développement".

Fondé à l'origine sur l'émission du Ticket Restaurant, le pôle services --dans le groupe depuis 1982-- a généré 13% du chiffre d'affaires en 2008 mais 40% du résultat d'exploitation. Une éventuelle scission interviendrait au moment où le secteur de l'hôtellerie semble encore loin d'être sorti de la récession. Gilles Pélisson, le PDG d'Accor, faisait récemment preuve d'une prudence pour les mois à venir.