Bernanke toujours prudent sur l'économie

Avec agences

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Le chemin de la reprise sera encore long. C'est le diagnostic établi lundi soir par Ben Bernanke, le patron de la banque centrale américaine.

"Nous avons encore un chemin assez long à faire avant que nous puissions être certains que la reprise sera auto-entretenue", a-t-il affirmé devant l'Economic Club de Washington. Principale incertitude à ce stade: la reprise sera-t-elle suffisamment forte pour faire baisser le taux de chômage.

Emploi, consommation en panne

Le marché de l'emploi a réalisé en novembre aux USA sa meilleure performance depuis le début de la récession voici deux ans, avec notamment un nombre de pertes d'emplois bien inférieur aux attentes et un taux de chômage redescendu d'un sommet de 26 ans et demi.

Cette baisse du taux de chômage - dans un environnement de très faible inflation - a relancé le débat dans le marché sur les intentions de la Fed en matière de politique monétaire. Mais Bernanke a insisté sur le fait qu'il était urgent d'attendre.

Le marché du travail reste "faible", a-t-il dit, et les dépenses des ménages, moteur traditionnel de l'économie américaine "ne devraient pas progresser rapidement alors que les gens restent inquiet à propos de leur travail et qu'ils continuent d'avoir un accès réduit au crédit".

200 milliards

Le patron de la Fed a toutefois insisté sur le fait qu'il n'y aurait pas de retour brutal de l'inflation, la banque centrale surveillant ce point avec attention. "Est-ce que les actions de la Réserve fédérale pour combattre la crise déboucheront sur plus d'inflation?", a-t-il dit. "La réponse est non. La Fed s'engage à maintenir une inflation basse et fera tout pour ça".

Barack Obama doit prononcer son discours sur la situation de l'économie et de l'emploi ce mardi. Le président américain devrait annoncer un plan de 200 milliards de dollars, argent non utilisé dans le cadre du plan de soutien aux banques (TARP), pour soutenir la création d'emplois.

La Fed réunira son Comité de politique monétaire pour la dernière fois de l'année les 15 et 16 décembre. Les investisseurs n'attendent pas de resserrement des taux avant la fin de l'année prochaine.

Les propos du patron de la Fed ont pesé sur le dollar face à l'euro, et la Bourse s'est maintenue en territoire légèrement positif.