EADS se bat pour le contrat des ravitailleurs américains

A.-S. G.

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EADS s'accroche. Louis Gallois, président du groupe de défense, a affirmé au New York Times, qu'il était prêt à partager un contrat avec Boeing pour la production de 179 ravitailleurs, contrat évalué à 35 milliards de dollars. Enfin, pour peu qu'il récupère au moins 12 avions à assembler dans l'usine qu'il compte construire pour l'occasion.

Le groupe de défense montre ainsi sa détermination à récupérer une part d'un contrat qui pourrait au final se monter à 100 milliards de dollars pour 400 appareils. Le président d'EADS veut surtout faire fléchir le gouvernement américain et contrecarrer Robert Gates, chef du Pentagone, qui fait du lobby contre un partage du contrat. "Un modèle unique de ravitailleur "est la meilleure solution pour le contribuable mais aussi pour l'Armée de l'air, parce qu'elle n'aura pas besoin de deux chaînes logistiques, de deux types d'entraînement, de deux types de maintenance, et de manière générale tout ce que cela implique", notamment le coût, a-t-il argumenté.

Réponse d'EADS, "un partage du contrat permettrait de remplacer rapidement les anciens ravitailleurs de l'Armée américaine". Un argument qui ne laisse pas insensible certains membres de l'Armée américaine, alors que le projet est repoussé depuis huit ans. Et EADS met dans la balance la construction d'une usine aux Etats-Unis. Intéressant pour le gouvernement au vu du contexte économique désastreux où le chômage augmente mois après mois.

Quelle que soit la décision des Etats-Unis, Louis Gallois prévient qu'elle devra être limpide."Si nous perdons ce contrat, nous allons examiner dans le détail les raisons du choix américain", précise le porte-parole de EADS. Surtout que l'alliance franco-allemande avait déjà remporté la mise avant que Boeing n'obtienne pas voix judiciaire l'annulation de la commande. Obama a deux choix: risquer d'être accusé de protectionnisme s'il choisit seulement Boeing alors que la dernière décision privilégiait celle d'EADS/Northrop Grumman, ou partager le contrat entre les deux candidats en lice, quitte à se mettre le chef du pentagone à dos. Un choix cornélien.