2009, année de la loterie

Thibaud Vadjoux avec AFP

— 

La loterie nationale a connu une belle année 2009, avant l'ouverture des jeux en ligne attendue cette année.

Les Français ont dépensé près de 10 milliards d'euros avec la Française des Jeux (FDJ), soit une hausse de 8,6% des mises par rapport à 2008. Cette croissance est la plus forte enregistrée sur les cinq dernières années.

Par rapport aux PMU et casinos, la Française des Jeux a tiré le plus profit de l'activité des jeux et du retour des joueurs en fin d'année. Les dépenses nettes dans les PMU n'ont progressé que de 0,4% en 2009 et le chiffre d'affaires des casinos (produit brut des jeux) était en baisse de 9% en 2009.

Mais les montants sont importants: en totalisant les mises du PMU (9,3 milliards d'euros), de la FDJ (10 milliards) et des casinos (environ 18 milliards), les Français ont dépensé plus de 36 milliards d'euros dans les jeux en 2009.

Après redistribution des gains aux joueurs et prélèvements sociaux, les Français ont perdu aux jeux environ 8 milliards d'euros (sans compter les jeux en ligne illégaux), soit environ le déficit de la sécurité sociale avant la crise en 2006.

La loterie la mieux placée

La progression de la loterie a été très forte en fin d'année 2009, après un recul des mises en 2008 (-1,1%) et au premier semestre 2009. "Les mises sont très sensibles à la conjoncture et à l'humeur des Français", explique la FDJ qui voit dans la soudaine hausse de son chiffre d'affaires, le retour du moral des Français.

"Nous sommes un véritable baromètre de la conjoncture. En 2008, les Français étaient déboussolés et ont moins joué, à la fin de l'année 2009, ils ont retrouvé confiance", assure la FDJ qui vante "son réseau de proximité et son idée d'un jeu plaisir et responsable".

En outre, trois vendredi 13 ont permis en 2009 d'engranger 150 millions supplémentaires pour la FDJ, le nombre de joueurs étant doublé ces jours-ci. Enfin, les nouveaux jeux (nouveau loto, paris sportifs, paris en ligne…) et la publicité ont soutenu les ventes de tickets.

Ascenseur social

Pour la sociologue Monique Pinçon-Charlot, auteur du livre à paraître "Les millionnaires du Loto, rêve et réalité" (Payot), c'est la situation inverse qui explique cette situation. "Lorsque l'ascenseur social ne marche plus du tout et il ne reste plus que le jeu pour les Français les plus désespérés".

Le directeur de l'Institut Médiascopie Denis Muzet estime que la "crise a modifié le rapport des Français face à l'argent". Selon ce sociologue, la crise financière bancaire a mis en lumière le "comportement fou de quelques financiers, comme Madoff, qui ont mis en faillite des millions de gens, le jeu est devenu une forme de spéculation pour les petites gens".