Martine Aubry fustige le plan de relance de Nicolas Sarkozy

E.M. avec AFP

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Martine Aubry a estimé mardi que "la réalité rattrapait" Nicolas Sarkozy, qui a fait à La Seyne-sur-Mer un éloge de son plan de relance de l'économie, fustigeant son "échec économique" et son "échec social".

"Le président de la République se refuse à entendre ce que dit l'opposition. Nous sommes habitués. Qu'il regarde la réalité de ce que vivent les Français", a-t-elle lancé, en marge d'une conférence de presse consacrée au sommet de Copenhague.

"Les investissements de nos entreprises n'augmentent pas (...) , la consommation dans notre pays stagne et tous les experts nous disent que si on ne relance pas la consommation, en parallèle de l'investissement, nous risquons d'avoir 500.000 chômeurs en plus", a relevé la première secrétaire du PS.

"Echec économique"

Mme Aubry a voulu donner un "seul exemple pour dire que le président de la République ne nous dit pas la vérité": avant la crise, le taux de chômage en Allemagne était "de 7,4% comme en France". "L'Allemagne a réalisé un plan de relance très important. Aujourd'hui, l'Allemagne est à 7,6% la France est à près de 10%. La réalité, la voilà", a-t-elle assuré.

"On peut la masquer par des mots, comme il l'avait fait à Toulon pour nous expliquer qu'il régulerait la France et contraindrait les bonus des stock-options, mais aujourd'hui la réalité le rattrape: c'est un échec économique, c'est un échec social et je crois que c'est ce que pensent profondément les Français", a poursuivi Mme Aubry.

"Quand il nous parle de l'identité de la France, il nous parle d'abord du social qui s'en va, ce sont les licenciements, les basses rémunérations, les basses retraites, voilà les problèmes de la France", a-t-elle ajouté.

La secrétaire nationale du PS n'est pas la seule dans l'opposition à critiquer le point d'étape du plan de relance de Nicolas Sarkozy. Le président socialiste de la commission des Finances, Didier Migaud, a estimé pour sa part qu'il constituait "un échec pour l'emploi et le pouvoir d'achat".

"Insuffisance" et "déséquilibres"

"Les premiers résultats du plan de relance, mis en oeuvre au début de l'année, illustrent son insuffisance et ses déséquilibres. Les volets soutien à l'emploi et au pouvoir d'achat étaient faibles voire insuffisants", a-t-il déclaré dans un communiqué. "La France se trouve dans une position plus affaiblie que beaucoup d'autres pays en raison de choix économiques et fiscaux qui ont affaibli la capacité à agir de l'Etat".

"La conséquence en est la stagnation de la consommation et l'explosion du chômage en France, à l'inverse de l'Allemagne (...) Plus inquiétant, Nicolas Sarkozy a promis la rigueur sur les retraites, illustrant ainsi par avance que l'état de nos finances publiques promet aux Français des jours difficiles", a-t-il ajouté.