La croissance au troisième trimestre a bien été de 0,1%

E24 avec AFP

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Cette fois, c'est sûr. La France a bien échappé de justesse à la récession au troisième trimestre en enregistrant une croissance de 0,1%, selon une deuxième estimation fournie lundi par l'Insee, qui confirme des premiers résultats publiés mi-novembre. Après avoir enregistré un recul de son produit intérieur brut (PIB) de 0,3% au deuxième trimestre, la France évite ainsi un deuxième trimestre consécutif de baisse du PIB, qui marque, selon la définition communément admise, l'entrée en récession d'une économie.

Selon l'Insee, l'acquis de croissance (le niveau de PIB dont on est sûr qu'il sera atteint, sauf en cas de récession au cours des trimestres suivants) de la France pour 2008 reste de 1,0% au troisième trimestre. Mais il ne devrait s'agir que d'un sursis de très courte durée. Dans ses dernières prévisions, l'Institut de la statistique s'attend ainsi à ce que la France bascule dans la récession au début de l'année prochaine pour la première fois depuis 1993: elle prévoit un effondrement de son PIB de 0,8% au dernier trimestre 2008, suivi d'un nouveau recul de 0,4% au premier trimestre 2009.

En 2008, la croissance devrait atteindre 0,8%, selon l'Insee. La Banque de France a aussi révisé sa prévision de croissance pour le quatrième trimestre, qui devrait se solder par une baisse du PIB de 0,7%. Cela se traduirait par une croissance de seulement 0,8% cette année, alors qu'elle avait atteint 2,1% en 2007. Le gouvernement prévoit toujours de son côté une croissance d'"environ 1% cette année.

Pour 2009, le gouvernement maintient sa prévision de croissance dans une fourchette comprise entre 0,2% et 0,5%, grâce à l'effet escompté du plan de relance français, ainsi que des autres plans européens. Au troisième trimestre, les dépenses de consommation des ménages ont accéléré légèrement (+0,2% après +0,0% au deuxième trimestre de 2008), précise l'Insee. Quant à la baisse de l'investissement des ménages (-1,6% après -2,7%), elle est partiellement compensée par la hausse de l'investissement des entreprises non financières (+0,4% après -1,1%), ajoute l'Institut.