L'Europe consacre près de 1.700 milliards au sauvetage de ses banques

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Au lendemain d'un sommet de crise des pays de la zone euro, dimanche soir à Paris, les dirigeants européens ont mis leurs chiffres sur la table. Ils ont de quoi donner le tournis aux citoyens européens mais visent à restaurer la confiance dans un système financier au bord de l'effondrement. Ce qui a fait son effet vu l'envolée des places boursières européennes.

Berlin a annoncé 480 milliards d'euros, Paris 360 milliards, La Haye 200 milliards, Madrid et Vienne 100 milliards chacun, Oslo 41 milliards, Lisbonne 20 milliards. Stockholm devrait prochainement détailler son plan d'action. Ces chiffres des pays de la zone euro s'ajoutent au plan britannique qui avait montré la voie la semaine dernière avec 380 milliards d'euros. L'Italie a annoncé qu'elle dépenserait "autant que nécessaire" pour ses banques.

"Il ne s'agit pas de faire des cadeaux aux banquiers, il s'agit de faire en sorte que les consommateurs, les investisseurs puissent continuer à fonctionner d'une façon rationnelle", a déclaré le président de l'Eurogroupe et Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. "Les banques qu'on assistera devront payer", a-t-il ajouté.

Les garanties seront payantes au prix du marché pour les banques qui en bénéficieront, ont insisté les dirigeants européens. Ces derniers veulent éviter de voir les opinions publiques se retourner contre des plans qui comprennent des sommes astronomiques en faveur des institutions jugées responsables de la crise.

La réponse européenne à la crise financière fait écho au plan Paulson aux Etats-Unis, évalué à 700 milliards de dollars. Mais elle trouve surtout son inspiration du côté de Londres, où le Premier ministre Gordon Brown a été le premier à proposer ce cocktail de mesures, fait de prises de participations étatiques et de mécanismes de garantie. Le gouvernement britannique est passé à l'acte lundi matin, en injectant 47 milliards d'euros dans le capital de trois banques, RBS, HBOS et Lloyds TSB, ces deux dernières devant fusionner.

Mercredi 15 et jeudi 16 octobre, les pays de l'UE se retrouveront à 27 à Bruxelles pour un nouveau sommet, qui devrait confirmer ces orientations.