Dubaï, des dettes et des jeux

TV avec AFP

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Dubaï World dont les 59 milliards de dette font trembler les

Bourses des Emirats
, fait les joies de Las Vegas.

La holding financière de l'Emirat de Dubaï a financé pour moitié le plus coûteux projet immobilier de l'histoire des Etats-Unis pour un entrepreneur privé. Il doit être dévoilé en partie cette semaine à Las Vegas et sera inauguré le 16 décembre.

C'est l'un des investissements clés de Dubaï World. Le conglommérat a engagé 4 milliards de dollars sur 8,5 milliards pour la construction d'un nouveau complexe immobilier pharaonique composant un véritable quartier (CityCenter) de 30 hectares au coeur du "Strip" de Las Vegas, où sont concentrés les plus grands hôtels-casinos.

MGM Mirage, promoteur de ce projet immobilier n'avait pas les reins assez solides pour assurer seul son financement et avait dû inviter le conglomérat public émirati au tour de table.

Sans risque financier

Les déconvenues actuelles de Dubaï World
ne devraient avoir aucune conséquence sur le luxueux complexe. "L'impact est nul pour CityCenter ou MGM Mirage, car le budget du projet est bouclé et la direction de MGM Mirage a très bien négocié l'accord avec Dubai World, et s'est protégée par avance", a déclaré à l'AFP Rich Moriarty, analyste chez Union Gaming Group.

Rien ne devrait donc empêcher Las Vegas d'ajouter à sa liste d'hôtels-casinos l'Aria et ses plus de 4.000 chambres, trois nouveaux hôtels sans tables de jeux ni machines à sous et un nouveau centre commercial de grand luxe.

Le complexe a été livré à l'imagination d'architectes de renom (Rafael Vinoly, Daniel Libeskind, Cesar Pelli, Norman Foster...) et parsemé d'oeuvres d'art, pour un montant global de 40 millions de dollars. CityCenter, dont les différents bâtiments sont reliés par un train monorail, se veut aussi éco-responsable et assure avoir reçu l'aval du gouvernement américain en ce domaine.

Crise immobilière

Les constructeurs du CityCenter, né en 2004, ont payé un lourd tribut au projet : six ouvriers sont morts pendant les travaux. Par ailleurs, plusieurs problèmes de conception ont retardé l'inauguration de plus d'un an.

L'originalité de ce nouveau projet est qu'il n'est pas seulement touristique, mais compte aussi des immeubles d'habitation, essayant de recréer au coeur des tapis verts de Las Vegas un semblant de quartier résidentiel. Plus de 2.400 unités d'habitation sont prévues pour des prix allant de 350.000 dollars pour un studio à 9 millions de dollars pour un appartement au dernier étage du Mandarin Oriental.

Mais à cause de la crise immobilière qui frappe les Etats-Unis, jusqu'ici seule la moitié des appartements a été vendue, malgré des ristournes de 30% de MGM Mirage.