BMS prépare la perte de deux brevets

E24 avec AFP

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Le groupe pharmaceutique Bristol-Myers Squibb a dévoilé, jeudi 13 novembre, des mesures destinées à accroître de 750 millions à 1 milliard de dollars sa marge brute d'autofinancement d'ici 2011, échéance à laquelle il perdra l'exclusivité de ses brevets sur deux médicaments vedettes. Le laboratoire américain va perdre entre 2011 et 2013 l'exclusivité sur le Plavix (anticoagulant) et l'Avapro (hypertension), forts contributeurs à son chiffre d'affaires. Le groupe table sur une période de transition difficile, avant de renouer après 2013 avec une croissance durable de ses bénéfices.

Plavix et Avapro

"Avec la croissance de nos marges ces dernières années, nous n'avions pas à nous préoccuper de notre marge brute d'autofinancement, chose que nous entreprenons aujourd'hui", a expliqué le directeur financier Jean-Marc Huet, lors d'une conférence sectorielle organisée par Credit Suisse. Outre le levier de la croissance des ventes (acquisitions, nouveaux traitements) et d'une amélioration de la productivité, "que nous utilisons déjà depuis plusieurs trimestres", le groupe va s'attaquer à ses investissements et à son besoin de fonds de roulement, a indiqué Jean-Marc Huet.

Suppression d'effectifs

En premier lieu, Bristol-Myers Squibb va accentuer la rationalisation, déjà engagée, de ses sites de production, et la suppression de 10% des effectifs (sur 43.000 personnes). Il va aussi réduire ses dépenses en R&D et en marketing... Ces mesures avaient été annoncées en décembre 2007 pour dégager 2,5 milliards de dollars d'économies au total d'ici 2012-2013. Quant aux changements envisagés au niveau du fonds de roulement, le directeur financier a cité un raccourcissement du délai de paiement des clients, une rationalisation des stocks et "un meilleur contrôle" du paiement des traites.

"Nous voulons nous rapprocher des performances du 'meilleur élève de la classe'", a souligné le directeur financier, en se fixant un objectif de fond de roulement/chiffre d'affaires de 12%, contre 17% actuellement pour BMS et 21% en moyenne pour le secteur pharmaceutique. Afin de créer "le meilleur modèle économique possible", "nous regardons en interne et en externe", a-t-il rappelé.

"Vent de face"

Dans cette perspective, BMS s'est désengagé cette année d'activités non stratégiques (Medical Imaging, Convatec), veut introduire en Bourse sa filiale d'aliments pour bébés Mead Johnson, et fait des acquisitions ciblées (Adnexus, Kosan). Le groupe de biotechnologies ImClone lui est toutefois passé sous le nez, ce dernier préférant se faire racheter par son concurrent Eli Lilly. D'ici 2011, le groupe va se concentrer "sur l'amélioration de sa productivité", a encore dit Jean-Marc Huet, qui s'est dit "à l'aise" avec l'objectif actuel du groupe d'une croissance d'au moins 15% par an du bénéfice par action. "Il y aura des vents de face", a-t-il concédé, mais la stratégie mise en oeuvre par le groupe "doit nous permettre de réduire les incertitudes".

A la Bourse de New York, l'action BMS prenait 1,64% à 19,87 dollars vers 17h50.