Les salariés de la Société Générale en grève

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Ils ont le moral dans les chaussettes, les salariés de la Société Générale. Il faut dire que depuis près de deux ans maintenant, leur banque, dont ils étaient fin 2008 le premier actionnaire avec 7,1% du capital, a du mal à traverser la crise, contrairement à sa rivale BNP Paribas.

A la crise financière s'ajoute une baisse de moral liée à plusieurs scandales: l'affaire Kerviel, bien sûr, mais aussi celle de la retraite-chapeau de Daniel Bouton, l'ancien PDG déchu, et celle, plus bruyante, des stock-options auxquels les dirigeants du groupe ont dû renoncer face au tollé provoqué en mars dernier.

"Au moment de l'affaire Kerviel, on a demandé à tout le monde de se serrer les coudes. Les salariés l'ont fait pour sauver leur emploi, pas forcément pour sauver leurs dirigeants", a expliqué Alain Treviglio, délégué syndical national CFDT à la Société générale, lors d'un entretien à Reuters.

"Ils ont l'impression qu'une fois l'affaire Kerviel passée, c'est reparti de plus belle. Le scandale des stock-options a été très mal vécu par les salariés", ajoute-t-il.

Gains de productivité

Les représentants du personnel craignent notamment une intensification des gains de productivité dans la banque de détail en France. Société Générale emploie 45.127 peronnes dans les activités de banque de détail et les services financiers en France, sur un effectif global de 163.082 salariés.

Sur les neuf premiers mois de l'année, les Réseaux France ont vu leur produit net bancaire progresser de 1,8% à 5,4 milliards d'euros. Le résultat brut d'exploitation de l'activité a progressé de 4,3% à 1,88 millard d'euros, mais sa rentabilité a reculé de plus de 5 points à 19,5%.

Ces résultats ont permis de contrebalancer le déclin des performances de la banque de détail à l'international, des services financiers et de la banque de financement et d'investissement, toujours déficitaire, même si les résultats opérationnels de cette branche ont commencé à se redresser.

"La banque, comme les autres, cherche à reconstituer ses marges et à montrer au marché qu'elle est capable de dégager un taux de rentabilité élevé. Et elle cherche à le faire le plus vite possible", souligne Michel Marchet, délégué syndical national CGT, cité par Reuters.