Le Crédit Agricole est satisfait

Jocelyn Jovène

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Crédit Agricole fait plus que ses consoeurs. La banque verte va lever 3 milliards d'euros sous forme de dette subordonnée auprès de l'Etat, pour une durée de 5 ans et rémunérée au taux de 8% par an environ. Elle justifie la taille de l'opération par son statut de "première banque française et premier financeur de l'économie".

"Ce dispositif ne modifie en rien la répartition du capital du Crédit Agricole puisqu'il ne s'agit pas de capital mais d'un emprunt remboursable vis-à-vis de l'Etat", souligne l'établissement dans un communiqué.

D'une pierre deux coups

Les modalités de l'opération ont un double avantage, selon les banques. D'un côté, elles renforcent leurs fonds propres sans diluer leurs actionnaires existants. Dans le cadre du Crédit Agricole, ces derniers ont déjà été largement sollicités pour combler les pertes liées à la crise des subprimes. D'un autre côté, l'opération permet de remonter le ratio de solvabilité des banques françaises, en retard sur leurs concurrentes étrangères, notamment britanniques.

Dans l'édition du 22 octobre du quotidien Le Monde, le directeur général de la banque, George Pauget, par ailleurs patron de la Fédération bancaire française (FBF), a rappelé: "Nous avions posé nos conditions et parmi celles-ci que l'Etat ne nous apporte pas de vrai capital. Nous ne voulions pas d'un Etat avec des pouvoirs dans la gestion des établissements".

Crédit Agricole est suivie de près par BNP Paribas, qui prévoit d'emprunter 2,55 milliards d'euros auprès de l'Etat français.