Pécresse: "des tarifs en fonction des retards des trains"

Propos recueillis par Thibaud Vadjoux

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La région a lancé le projet de transport inter-banlieue arc-express et investit dans la rénovation du réseau. Que proposez-vous de plus?

Valérie Pécresse: D'abord, un plan de mobilisation à 6 mois des élections, ça ne trompe personne.

En 2004, le candidat Huchon avait pris l'engagement 0% défaut sur les transports. En 6 ans, il a laissé se dégrader la qualité des transports en Ile-de-France. En 2008, il a fallu que ce soit le chef de l'Etat qui intervienne pour obtenir plus de rames à deux étages sur le RER A (1 millions d'usagers par jour).

Avec notre projet, ce qui fait la différence: c'est par exemple la mise en place d'un plan d'urgence de qualité de transport, accompagné de sanctions.

Nous voulons rendre responsables les opérateurs, notamment vis-à-vis des utilisateurs avec par exemple des tarifs modulés en fonction des taux de retards sur les lignes.

C'est une façon de crédibiliser nos engagements.

Jean-Paul Huchon nous disait ne prévoir aucune hausse d'impôts (relire son interview). C'est aussi votre engagement?

C'est d'abord NOTRE engagement. Je constate que Jean-Paul Huchon s'est converti à la modération fiscale. Lors de son dernier mandat, la fiscalité a augmenté de 46%.

Si vous êtes élue, la réforme de la taxe professionnelle ne risque-t-elle pas de limiter l'autonomie fiscale de votre région?

Il n'y a aucune inquiétude à avoir sur la taxe professionnelle. Deux engagements ont été pris.

D'une part, la suppression d'une partie de la taxe professionnelle sera intégralement compensée par l'Etat pour les collectivités locales. D'autre part, elle ne pèsera nullement sur les ménages. C'est un engagement du gouvernement.

Quel développement économique en dehors de la Défense et de Paris?

Nous avons le projet du

Grand Paris
. Nos adversaires caricaturent le projet comme une concentration sur la Défense.

Au contraire, ce sont 10 zones de développement à Saint-Denis, un pôle mondial du cinéma avec Luc Besson; à Pantin un pôle de la mode; à Roissy, un projet de développement aéronautique; à Clichy Montfermeil, le développement du T4; à Marne-la-vallée, la ville durable; de Villejuif à Ivry la santé et les biotechnologies; à Saclay, une Silicon-Valley; dans la vallée de la Seine, l'automobile; d'Achères à Cergy, le transport fluvial…et la Défense comme un pôle financier et de services aux entreprises.

Et dans le Grand Paris, je proposerais un autre pôle économique autour de Melun et VillaRoche où serait créée une interconnexion TGV pour soulager les gares parisiennes.

Le projet vise donc un rééquilibrage de la région. C'est un projet formidable qui pourrait générer 1 million d'emplois, qui réduit l'étalement urbain, qui préserve les espaces agricoles et naturels contre le mitage et qui crée une toile d'araignée de transports. Un projet que Jean Paul Huchon n'a pas été capable de porter.

Le Grand Paris comme le projet de développement de la Défense (EPAD) sont essentiellement pilotés et mis en place par l'Etat. Ce sont pourtant les compétences de la région?

Si la région avait été capable de diriger ce projet, il n'aurait pas été nécessaire de concevoir le Grand Paris. Il a été conçu à cause des carences de la région.

A partir du moment où la région redeviendrait volontariste sur le développement économique et déciderait d'investir dans ces pôles, elle reprendrait la main.

Elle a 4,5 milliards de budget plus 6 milliards pour les transports par an. Avec 10,5 milliards, vous pesez sur les décisions qui sont prises. La région aura un rôle phare et moteur dans le Grand Paris mais elle peut aussi très bien le bloquer.

Si vous êtes élue, cumulerez-vous votre poste de ministre et de président de région?

Non, évidemment. Depuis 2 ans, je le répète. Ministre de l'Enseignement supérieur et Président de région, ce sont deux jobs à plein temps. Je ne cumulerai pas.