Les collectivités locales boycottent la conférence sur les déficits

EM avec AFP

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Elles n'iront pas car elles ne se sentent pas concernées. Les associations de régions et départements ont annoncé leur boycott de la conférence gouvernementale sur les déficits publics qui s'est ouverte ce jeudi, s'estimant sans aucune responsabilité dans ce trou financier.

Boycott

"J'ai pris la décision que nous n'irions pas nous prêter à un exercice pour lequel nous n'avons aucune responsabilité, les départements ne sont pas responsables du déficit de la France", a déclaré Claudy Lebreton (PS), président de l'Assemblée des Départements de France (ADF). "Nous ne nous sentons vraiment pas concernés".

L'Association des Régions de France (ARF) et son président Alain Rousset (PS) boycotteront également cette réunion inédite qui a pour but, selon le président de la République, d'enrayer "la spirale des déficits".

Budgets locaux à l'équilibre

Selon ces associations, le déficit public, qui devrait atteindre un niveau record de 8,2% en 2010, est une affaire du gouvernement et non des collectivités qui ont l'obligation juridique d'avoir leur budget à l'équilibre.

"Il y a eu le transfert des charges sans transfert équivalent de moyens, les régions votent des budgets en équilibre, elles mettent beaucoup plus dans le plan de relance que l'Etat, leur taux d'emprunt est modéré: je ne me sens pas responsable du déficit de l'Etat!", s'est exclamé le président de la région Bourgogne, François Patriat (PS).

Le maire de Sceaux (Hauts-de-Seine), Philippe Laurent (divers droite) (retrouvez ici son interview pour E24 à propos de la réforme de la taxe pro) a aussi rappelé qu'"à l’inverse de l’Etat", les collectivités locales ne présentent pas "de déficit au sens commun du terme, mais seulement un besoin de financement exclusivement dû aux investissements".

"Dans la mesure où les collectivités respectent les règles d’équilibre budgétaire qui leur sont imposées par la loi", juge-t-il, l’Etat "n’a aucunement la légitimité" "de leur dicter leurs choix de finances publiques".

Aucune responsabilité

Le sénateur-maire de Dijon François Rebsamen (PS) est lui encore plus critique. Il voit dans la réunion "une opération de communication, une tentative de trouver un alibi et des boucs émissaires".

"Non content de déstabiliser" les collectivités territoriales "par une réforme inappropriée, de les priver de ressources par la suppression de la taxe professionnelle", M. Sarkozy veut "à présent leur faire porter la responsabilité des déficits publics", dénonce-t-il.

Le président de la troisième grande association d'élus invitée, l'Association des Maires de France (AMF), Jacques Pélissard (UMP), se rendra pour sa part à la conférence. Mais dans le seul but de faire écho aux déclarations de ses camarades élus locaux.