Nucléaire: Lauvergeon attaque la stratégie d'EDF

E.M. avec AFP

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Entre EDF et Areva rien ne va plus. Alors que son groupe a été accusé ce lundi par l'électricien de ne plus assurer la livraison en uranium de ses centrales nucléaires, la présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, s'en est prise directement au nouveau patron d'EDF.

"Rumeurs de mécano"

Dans un entretien au journal Le Monde daté de mardi, elle a fustigé les "rumeurs de mécano industriel" dans le secteur nucléaire, à la suite des ambitions affichées par Henri Proglio dans la filière.

"Ce n'est pas en agitant des rumeurs de mécano industriel en France tous les quatre matins que l'on accroît nos chances à l'international", a réaffirmé la présidente du groupe public.

Dès sa prise de fonction en novembre dernier, le nouveau PDG d'EDF a critiqué Areva et milité pour la réorganisation de la filière nucléaire française. Il a notamment estimé que son groupe devait en devenir le chef de file avant de se faire rappeler à l'ordre par le gouvernement.

Elle défend son bilan

Face à ces attaques et alors que son groupe traverse une mauvaise passe depuis quelques mois, Anne Lauvergeon a encore une fois défendu son bilan. Et lancé une nouvelle pique à EDF à qui elle attribue, en partie, l'échec de la candidature française pour la construction de quatre réacteurs EPR à Abou Dhabi.

"J'assume pleinement mes responsabilités et celles d'Areva mais je n'entends pas porter celles des autres", dit-elle selon le journal.

"Il est consternant de voir des enjeux industriels ramenés à des questions de personnes. Depuis 10 ans je passe régulièrement d'un extrême à l'autre: un jour une des femmes les plus puissantes du monde; le lendemain une femme fragilisée. Je ne suis ni l'une ni l'autre. Etre la seule femme dans le décor amplifie sans doute ces excès", a-t-elle souligné.