Maison Lacroix: Fini la couture et le prêt-à-porter

G. G. avec AFP

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Aucun repreneur n'ayant déposé de chèque à temps, la maison Christian Lacroix va devoir arrêter la couture et le prêt-à-porter. Le tribunal de commerce de Paris a décidé mardi 1er décembre d'appliquer le plan de redressement du propriétaire du couturier.

Ce plan entrainera la suppression de près de 100 emplois et par conséquent l'arrêt des activités de haute couture et prêt-à-porter de la maison. Seule une douzaine de salariés devrait rester en activité pour gérer les contrats de licence des accessoires et des parfums de la maison.

Pas de garanties

Ainsi, ni le cheikh émirati Hassan ben Ali al-Naimi, sur lequel la maison avait fondé beaucoup d'espoirs, ni le cabinet Bernard Krief Consulting (BKC), n'ont apporté à temps de garanties financières à leurs propositions.

Le PDG de la société Lacroix, Nicolas Topiol, a toutefois indiqué qu'il ne désespérait pas de "trouver une solution de reprise" faisant allusion à la proposition du cheikh émirati qui pourrait intervenir ultérieurement. Il a indiqué qu'il ressentait "un peu de soulagement".

La décision permet de "préserver l'entreprise et lui donner une chance de se redéployer", a-t-il dit.

100 millions

Le projet du cheikh, neveu du souverain du petit émirat d'Ajman (Emirats Arabes Unis), auquel était associé le couturier français, prévoyait un budget global de 100 millions d'euros pour l'apurement du passif, les pertes attendues au redémarrage de la griffe et son développement.

Créée en 1987 avec l'appui du numéro un mondial du luxe LVMH qui l'a vendue en 2005 au groupe américain Falic, spécialisé dans le duty free, la maison Christian Lacroix a enregistré en 2008 dix millions d'euros de pertes pour un chiffre d'affaires de trente millions d'euros.

En redressement depuis juin, Christian Lacroix a été le grand absent des derniers défilés de prêt-à-porter féminin en octobre à Paris.