CFAO, l'Afrique en Bourse

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De la vente de voitures ou de médicaments à la production de bière, en passant par les services informatiques, CFAO, c'est un conglomérat qui noue des partenariats avec de grandes marques et distribue leurs produits dans 31 pays d'Afrique, mais 7 collectivités françaises d'outre-mer, l'île Maurice et le Vietnam.

L'Afrique, c'était 71% du chiffre d'affaires du groupe l'an dernier (2,86 milliards d'euros). Et ce sera l'un des moteurs de croissance du groupe au cours des prochaines années -une croissance de 10% par an pour les ventes à moyen terme, assure Richard Bielle, le président du directoire de CFAO.

Et si les investisseurs s'interrogent sur le caractère congloméral de CFAO (la théorie financière préconise que c'est à l'investisseur, et non à l'entreprise, de diversifier son portefeuille), ses dirigeants estiment que la crise financière et la récession économique mondiale ont été un "test de résistance" grandeur nature et le moyen de montrer les qualités intrinsèques du groupe.

Pas sûr pourtant que les investisseurs soient sur la même longueur d'onde. L'année 2009 devrait être marquée par une contraction significative de l'activité (-12% au moins) et des marges et même si l'Afrique représente un potentiel considérable, CFAO devra faire la preuve qu'il est en mesure de revenir à des rythmes de croissance organique des ventes à deux chiffres.

Pour éviter que l'opération ne connaisse des ratés à l'allumage, PPR et ses banquiers-conseils ont préféré jouer la prudence. Sur la base du prix médian, CFAO est valorisé 1,66 milliard d'euros, soit dans le bas de fourchette des estimations des bureaux d'étude. L'enjeu pour le groupe de luxe et de distribution n'est pas négligeable. La mise en Bourse de CFAO lui rapportera au moins 805 millions d'euros sur la base du prix médian proposé.

Reste à savoir si François-Henri Pinault a une idée de l'emploi de cette somme. Pour certains courtiers ces 800 millions devraient servir à désendetter le groupe ou à racheter les intérêts minoritaires dans Puma. Contactée par E24, une porte-parole de PPR rappelle que le projet d’introduction en Bourse de CFAO est "une nouvelle étape dans notre stratégie menée depuis 2006, qui vise à centrer les activités du Groupe PPR autour d’un ensemble cohérent de marques mondiales et puissantes dans l’univers de l’équipement de la personne, tant sur les segments du luxe que du grand public".

La vente de CFAO permettra certes de réduire l'endettement de PPR, mais cette option n'est pas la "principale motivation" du groupe, souligne sa porte-parole. "PPR dispose d’une structure financière solide et n’est exposé à aucun risque de liquidité", précise-t-elle. "Quant aux acquisitions, ainsi que nous avons déjà eu l’occasion de le dire dans le passé, ce n’est pas aujourd’hui notre priorité."