L'action Citigroup sous les 10 dollars

Jocelyn Jovène

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La grogne monte chez Citigroup? Selon le Wall Street Journal, certains membres du conseil d'administration de la banque seraient favorables au départ de l'actuel président, Sir Win Bischoff. Son remplaçant pourrait être Richard Parsons, autre membre du "board". La raison d'une telle décision tiendrait à la volonté du conseil de Citigroup de surveiller au plus près les décisions de son directeur général, Vikram Pandit, en poste depuis décembre 2007. Une porte-parole de la banque a déclaré au Wall Street Journal que "tout article évoquant la recherche d'un nouveau président par le conseil est faux".

Pour ne rien arranger, l'action de la banque universelle américaine poursuit sa descente aux enfers, perdant 67% de sa valeur depuis le début de l'année. Elle vient de passer sous les 10 dollars, cotant 9,64 dollars mercredi soir à la clôture de Wall Street, un niveau qu'elle n'avait pas atteint depuis juillet 1996. Avec une capitalisation boursière de 53 milliards de dollars, Citi fait désormais pâle figure face aux 85 milliards de Bank of America, aux 102 milliards de Wells Fargo ou aux 129 milliards de JP Morgan Chase & Co.

Occasions manquées

A l'inverse de ses consoeurs, la banque n'a pas à ce jour participé activement à la consolidation de l'industrie bancaire américaine. Elle a tenté, en vain, de racheter la banque régionale Wachovia, mais s'est fait souffler sa proie par Wells Fargo. Citigroup serait sur le point de racheter une autre banque régionale, indiquait récemment le Wall Street Journal, sans toutefois donner plus de précisions.

En quelques semaines, les grandes cibles de la banque d'affaires ont disparu des radars. Lehman Brothers a fait faillite. Merrill Lynch a été rachetée par Bank of America tandis que Bear Sterns se faisait avaler par JP Morgan. Ce dernier a également repris le contrôle de Washington Mutual, opération un temps envisagée par Citigroup. Restent donc les banques régionales, mais même dans ce segment, les rapprochements se multiplient, comme l'a récemment illustré l'annonce du rachat de National City par PNC Financial Services.

Dilution des actionnaires

Après avoir perdu 20 milliards de dollars en quatre trimestres, Citigroup doit aujourd'hui consolider ses positions en rachetant des activités de dépôts et rassurer sur sa capacité de résistance à une récession globale. Jusqu'ici, les pertes subies par la banque ont concerné avant tout ses activités nord-américaines. L'extension de la crise financière à l'économie réelle traverse les frontières et pourrait bien peser sur les résultats des autres régions où le groupe bancaire est présent.

La banque a toutefois reçu 25 milliards de dollars dans le cadre du plan d'aide au secteur bancaire conçu par l'administration Bush, sur un total de 250 milliards d'argent frais injectés. C'est la deuxième injection de capital dont elle bénéficie après un apport de 14,5 milliards de dollars de la part d'actionnaires privés. Ces opérations aident à renforcer ses fonds propres, mais elles ont l'inconvénient de ne pas être favorables aux actionnaires. Et ces derniers ont toujours du mal à voir où l'équipe de direction de la banque veut les emmener.