La construction en crise, mais pas seulement

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Rien ne va plus. La transmission de la crise financière à l'économie réelle va être "dure", avertit Euler Hermès SFAC dans son dernier bulletin économique. Une analyse confirmée par les dernières prévisions économiques de l'OCDE. "Désormais tous les secteurs de l'économie mondiale entrent en ralentissement", relève le spécialiste de l'assurance-crédit en France.

La construction en crise

Le secteur de la construction est néanmoins l'un des plus affectés par la dégradation de l'environnement économique. Les derniers résultats de groupes dans les matériaux de construction en sont une illustration – qu'il s'agisse de Lafarge, Imerys ou Saint-Gobain. "Après l'Espagne, le Royaume-Uni et l'Irlande, c'est maintenant la France et l'Allemagne qui sont touchées de plein fouet", relèvent les experts d'Euler Hermès-SFAC.

Avec l'éclatement de la bulle immobilière, la chute de l'activité de construction pénalise surtout le secteur du logement. "Les grands chantiers de génie civil, en particulier d'infrastructures, sont en croissance sensible sur la dernière période", tempèrent ses experts.

D'autres secteurs touchés

Au-delà du secteur de la construction, les difficultés d'autres secteurs d'activité sont patentes, à commencer par l'automobile, et elles rejaillissent sur d'autres industries. Il s'agit " des équipementiers et sous-traitants [de l'automobile], mais aussi les secteurs de la chimie et des aciéristes. Au deuxième rang apparaît la distribution qui, face à l'érosion du pouvoir d'achat, voit les consommateurs se tourner vers les produits, et les formats de vente à bas prix."

Autre secteur à la peine, le transport qui voit ses marges se dégrader. "Que ce soit le transport aérien, dont la marge opérationnelle devrait passer en perte sur 2009 pour la première fois depuis 2003 ou le transport routier, qui ne pourra que partiellement répercuter la hausse de ses coûts d'exploitation", note Euler-Hermès SFAC.

Secteurs à l'abri

Les secteurs à l'abri du ralentissement existent, même s'ils se font plus rares. L'agro-alimentaire "bien que fragilisé sur 2008 par la montée des prix des matières premières, devrait profiter sur 2009 du reflux marqué des prix agricoles et ainsi reconstituer une partie de ses marges".

Idem pour la pharmacie, "qui bénéficie d'une demande structurelle positive", note le spécialiste de l'assurance-crédit. L'industrie a toutefois des défis structurels à relever, notamment le renforcement des "pipelines" de molécules, à défaut de quoi les groupes pharmaceutiques sont condamnés à procéder de lourdes restructurations.