Économie

Risques de surabondance sur le marché du gaz

L'essor du gaz naturel liquéfié, plus facilement transportable, couplé au ralentissement de la demande pourrait contribuer à faire baisser les prix, selon l'AIE.

Le marché du gaz vivra-t-il sa révolution dans les prochaines années? Très rigide et dominé par des contrats de long terme entre exportateurs et importateurs, le monde du gaz est en train d'être modifié par le développement de surcapacités de production, avance l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans son rapport annuel sur l'énergie.

"Les ressources de gaz naturel dans le monde sont très largement suffisantes pour faire face à la demande", note l'AIE. Les réserves prouvées représentent en effet 60 années de production actuelle (180.000 giga-mètres cubes). Trois pays verrouillent le marché en détenant plus de la moitié de ces réserves: la Russie, l'Iran et le Qatar.

Pression sur les prix

A ces capacités de production largement suffisantes pour l'évolution de la demande s'ajoute le boom de l'exploitation locale du gaz non conventionnel en Amérique du nord. "Ces ressources complémentaires, conjuguées à la faible demande due à la crise économique et aux stocks plus importants que de coutume, a conduit à une baisse drastique des prix aux Etats-Unis", relève l'AIE. "D'où un recul des besoins d'importation [américains] en gaz naturel liquéfié et des pressions à la baisse sur les prix des dans les autres régions".

Jusqu'à maintenant les prix du gaz, en Europe notamment, sont indexés sur le prix du pétrole lors de la négociation des contrats de long terme entre exportateurs et importateurs. Mais les surcapacités de productions qui se dessinent et l'essor des capacités de production d'une autre forme de gaz, le gaz naturel liquéfié (GNL), dont le prix varie selon l'offre et la demande à plus court terme, pourrait contribuer à déconnecter le gaz du pétrole, explique en substance l'AIE. Ce qui, in fine, pourrait conduire à une baisse des prix.