Les salariés de la micro-électronique inquiets

Jocelyn Jovène

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La filière micro-électronique va mal. Elle reçoit des subsides de l'Etat, et pourtant, crise oblige, elle dégresse. Et ce, alors que son rôle dans l'économie est considérable, ont rappelé mardi les représentants de plusieurs entreprises de la filière.

En tête, les salariés de STMicroelectronics et ST-Ericsson, accompagnés de ceux d'Atmel, d'Altis Semiconductors et de NXP, venus demander à la représentation nationale de "stopper l'hémorragie et de participer à la relance d'une industrie micro-électronique plus forte", selon Marc Leroux, représentant syndical CGT de STMicroelectronics.

En France, la filière représente 30.000 emplois directs, dont 11.000 chez STMicroelectronics et ST-Ericsson.

Appel à Bercy

Les syndicats craignent notamment que la base industrielle ne se réduise à peau de chagrin à un seul site, celui de Crolles, près de Grenoble, où ST possède l'un de ses plus importants centre de R&D et de production.

"Les pouvoirs publics et la direction de ST&STE mettent en avant 'Nano 2012'. Mais ce programme ne suffit pas à lui seul à assurer l'avenir. Il ne concerne que l'Isère", s'alarmaient la semaine dernière, les syndicats.

Les élus demandent à la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, de reprendre en main le dossier où l'Etat est engagé. Jusqu'ici, c'est Luc Chatel qui avait annoncé en mars dernier l'idée d'un plan semi-conducteurs. Mais depuis son transfert à l'Education nationale, l'idée a fait "pchittt", au grand désarroi des salariés.