Le deal Areva T&D, du protectionnisme?

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Areva T&D restera entre des mains françaises. Au prix, pour le gouvernement français actionnaire d'Areva, d'être taxé de protectionnisme, prévient le Financial Times (FT). "Cette annonce a toutes les chances de relancer" de telles accusations, écrit le quotidien économique britannique.

L'offre d'Alstom et Schneider "n'était pas la mieux-disante et le gouvernement semble avoir repoussé sa décision ces derniers jours pour donner le temps à Alstom et Schneider de revoir leur offre à la hausse", selon le FT. Les deux groupes valorisent Areva T&D à hauteur de 2,3 milliards d'euros, contre 2,4 milliards pour l'offre de Toshiba.

Le Japonais envisage d'ailleurs un recours devant le Conseil d'Etat et ses dirigeants seraient "très très en colère", selon le FT qui cite des sources proches du dossier. Les autorités françaises "nous avaient assuré que les offres seraient jugées sur quatre critères, mais il s'est avéré qu'il y en avait un cinquième caché: il fallait être français", accuse une source proche de Toshiba citée par le FT.

General Electric (GE), l'autre candidat malheureux, exprime son mécontentement de manière plus voilée. "GE, engagée dans un processus d'appel d'offre juste et ouvert, a répondu a satisfait aux exigences", a assuré le groupe dans un communiqué. Une façon de dire que, s'ils ont perdu, c'est justement parce que la vente n'a pas été "juste et ouverte".

Le gouvernement français avait ses raisons pour ne pas choisir de candidat étranger. Ils devaient avoir à l'esprit le précédent Péchiney, vendu en 2003 au canadien Alcan puis démantelé par ce dernier.