Blankfein veut plus de régulation

J.J. avec agence

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Acte de contrition ? Lloyd Blankfein, le patron de la toute puissante banque américaine Goldman Sachs, a plaidé mardi à New York en faveur d'une réforme de la rémunération des dirigeants de banques et pour une plus grande régulation du système financier mondial.

La crise financière a été une source de "profonde humilité" pour les sociétés financières, a affirmé le patron de Goldman Sachs au cours d'une conférence du Council of Institutional Investors, dont le thème était "Change²". Une humilité certainement renforcée puisque la conférence a été perturbée à deux reprises par des manifestants. Ces deniers ont brandi des affiches "Rendez-nous nos $$$$" ("We Want Our $$$$ Back" en version originale), criant que les contribuables voulaient savoir pourquoi ils devaient sauver Wall Street.

Reprenant des thèmes déjà évoqués dans une récente tribune, avant la tenue du G20, Blankfein a estimé que les rémunérations des banquiers devraient davantage tenir compte du long terme, plus que des gains de court terme, à travers des mécanismes de compensation différée.

Concernant la régulation financière, le dirigeant a estimé que les institutions financières devaient accepter davantage de surpervision, remarque qui concerne également les hedge funds. "Tous les pools de capital qui dépendent du bon fonctionnement du système financier, et qui sont suffisamment importants pour constituer un fardeau pendant une crise, devraient faire l'objet dans une certaine mesure d'une régulation", a-t-il déclaré. "Cela inclut les hedge funds et les fonds de private equity", a-t-il précisé.

Le banquier s'est en revanche fait l'apôtre de la "fair value" (juste valeur ou valeur raisonnable), objet d'un vif débat de part et d'autre de l'Atlantique. "La comptabilité en juste valeur donne aux investisseurs davantage de clarté quant aux risques dans un bilan", a affirmé Lloyd Blankfein.