Climat: la Chine et les Etats-Unis ne veulent pas s'engager davantage

E24 avec AFP

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Attendus au tournant, les deux principaux pollueurs de la planète, la Chine et les Etats-Unis, ont clairement averti mardi qu'ils n'avaient pas l'intention de revoir, à Copenhague, leurs objectifs en termes d'émissions de gaz à effet de serre.

Efforts attendus

En début de journée, les Européens ont haussé le ton, appelant les deux pays à s'engager davantage, sous peine de mettre à mal l'objectif affiché de la communauté internationale - limiter la hausse de la température moyenne de la planète à deux degrés.

"Il y a deux pays qui représentent la moitié des émissions mondiales. Nous attendons toujours de leur part qu'ils relèvent leur niveau d'ambition en termes de réduction d'émissions", a déclaré le ministre suédois de l'Environnement, Andreas Carlgren, dont le pays préside l'Union européenne (UE).

Aucun pas en avant

"Le principal problème est que ni les Etats-Unis ni la Chine ne veulent faire un pas un avant", a de son côté regretté le ministre allemand de l'Environnement Norbert Rottgen. La réaction a été claire. "Nous avons annoncé ces objectifs. Nous n'avons pas l'intention de les soumettre aux discussions" a déclaré l'ambassadeur de Chine pour le climat, Yu Qingtai.

"Je ne m'attends pas à quelque changement que ce soit dans notre engagement de réduction" d'émissions de gaz à effet de serre, a, pour sa part, expliqué l'émissaire américain pour le climat Todd Stern.

Soulignant que l'engagement américain était "étroitement lié" à la loi sur le climat actuellement entre les mains des sénateurs, il a précisé que l'objectif global américain pourrait se révéler "franchement plus élevé", mais qu'il était trop tôt pour que les Etats-Unis s'engagent plus avant.

Les deux pays s'observent

"Nous ne voulons pas promettre quelque chose que nous n'avons pas encore". Preuve que les deux pays s'observent de très près: leurs engagements, de nature très différente pour des raisons évidentes liées au degré de développement de leurs sociétés, ont été annoncés presque simultanément il y a quelques semaines.

Le 25 novembre, la Maison-Blanche annonçait les chiffres américains pour Copenhague: baisse de 17% des émissions de gaz à effet de serre d'ici en 2020 et de 42% en 2030, par rapport aux niveaux de 2005, calqués sur la loi climat en cours d'examen au Sénat.

Rapportés à l'année de référence 1990, retenue dans le protocole de Kyoto, les chiffres sont moins flatteurs: à l'horizon 2020, ils correspondent à une baisse des émissions de 4%. Quelques jours plus tard, Pékin avançait son objectif chiffré: une baisse de son "intensité carbonique" (émissions polluantes par unité de PIB) de 40% à 45% d'ici 2020 par rapport à 2005.

Aucune flexibilité

"Ce n'est pas une négociation traditionnelle, (le président américain Barack) Obama n'a aucune flexibilité sur les objectifs domestiques", souligne Alden Meyer, directeur de l'Union of concerned scientists, un groupe de pression américain.

Selon lui, la principale marge de manoeuvre américaine se situe sur le financement à long terme, au-delà de la période 2010-2012 et, dans une moindre mesure, le transfert de technologie.

Quelques heures après les déclarations européenne, chinoise et américaine, la présidente danoise Connie Hedegaard lançait une mise en garde sans détours, lors de l'ouverture de la session ministérielle: face au risque d'échec,"le mot clé des deux prochains jours doit être compromis".