Chrysler: un pas de plus vers le dépôt de bilan

CV avec AFP

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Les discussions entre le département du Trésor américain et les créanciers de Chrysler ont échoué mercredi soir, rendant presque certain le dépôt de bilan du constructeur automobile américain, affirme jeudi le Wall Street Journal.

Selon des responsables de l'administration américaine, cités par le quotidien économique, "toutes les pièces sont en place" après cet échec des discussions pour que Chrysler se place sous la protection de la loi sur les faillites (chapter 11).

Le département du Trésor a proposé mercredi aux créanciers une somme au comptant de 2,25 milliards de dollars pour qu'ils acceptent d'abandonner quelque 6,9 milliards de dollars de leurs créances sur Chrysler, a indiqué le WSJ en citant des sources "proches des discussions".

La banque JP Morgan Chase, qui dirige le groupe de créanciers, a donné 90 minutes aux 45 autres banques et fonds d'investissements pour voter sur cette proposition, mais "un nombre important des fonds a voté non", précise le journal.

Le président américain Barack Obama a donné jusqu'à ce jeudi soir au troisième constructeur automobile américain pour présenter un plan de retour durable aux bénéfices. Sinon, ce sera le dépôt de bilan.

"La question essentielle, à présent, est: est-ce que les détenteurs de titres, les prêteurs, ceux qui ont l'argent sont prêts à faire des sacrifices eux aussi? Cela, nous ne le savons pas encore", avait déclaré mercredi Barack Obama lors d'un déplacement dans le Missouri (centre des Etats-Unis). Le président américain s'était alors montré confiant dans l'avenir du constructeur automobile. "J'ai en fait plus d'espoir qu'il y a trente jours dans le fait que nous puissions trouver une solution qui maintienne la compagnie Chrysler viable", avait-il affirmé.

Une source proche du dossier avait indiqué mercredi à l'AFP que des créanciers importants avaient accepté l'offre de restructuration financière de Chrysler -JPMorgan Chase, Citigroup, Morgan Stanley et Goldman Sachs, qui possèdent à eux quatre 70% de la dette garantie du constructeur-, mais qu'il restait un autre groupe de créanciers plus réticents: des banques plus petites et des fonds d'investissements.

Chrysler, en proie à de très graves difficultés financières, a axé ses efforts de restructuration sur trois plans: un plan industriel (un partenariat avec Fiat pour combler les carences de sa gamme), un plan social (pour réduire ses coûts de fonctionnement) et un plan financier (pour alléger le coût de sa dette). C'est ce dernier plan qui pose le plus de problèmes. Les salariés de Chrysler ont voté mercredi en faveur d'un accord d'alliance entre leur société et l'Italien Fiat, a annoncé le syndicat automobile UAW.