La Bundestag adopte le second plan de relance allemand

E24 avec AFP

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Le Bundestag, chambre basse du parlement allemand, a adopté, vendredi 13 février, le second plan de relance du gouvernement, le plus vaste de l'après-guerre, d'un montant de 50 milliards d'euros.

La chambre haute du parlement, le Bundesrat, où la coalition de la chancelière Angela Merkel n'a plus la majorité absolue, doit se prononcer sur le texte le 20 février. Les conservateurs de la CDU-CSU et les sociaux-démocrates du SPD, membres de la coalition ont voté pour le plan, l'opposition (libéraux du FDP, Verts et la gauche radicale Die Linke) s'est prononcée contre.

Avant le vote, le nouveau ministre de l'économie Karl-Theodor zu Guttenberg, nommé lundi 9 février à son poste, a souligné qu'il s'agissait d'une "crise comme l'Allemagne unifiée n'en a jamais connue, par sa rapidité, sa dimension internationale et ses conséquences pour notre conjoncture.

Ce plan de relance, dont les modalités ont été débattues pendant des semaines entre les partenaires de la coalition gouvernementale conservateurs/ sociaux-démocrates, sera mis en place sur deux ans. La plupart des mesures entreront en application au 1er juillet. Il comprend des baisses d'impôt d'un montant de quelque 18 milliards d'euros pour les particuliers et pour les entreprises et un grand programme d'investissement dans l'infrastructure de plus de 17 milliards d'euros.

S'y ajoutent des mesures d'incitation à l'achat de voitures neuves ("prime à la casse" de 2.500 euros), la création d'un fonds de 100 milliards d'euros de garanties aux entreprises en mal de financement, et des primes pour les familles (100 euros par enfant). Il vise à donner un coup de fouet à l'économie de la première puissance exportatrice mondiale alors que se profilent les élections législatives du 27 septembre.

Le plan entraînera une forte hausse du déficit public, qui devrait atteindre au moins 36,9 milliards d'euros en 2009, selon un collectif budgétaire également voté vendredi. En 2010, le déficit sera "bien au dessus" de 4% du Produit intérieur brut (PIB), a prévenu le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück.

Le gouvernement de la chancelière Angela Merkel avait déjà mis en oeuvre à l'automne un premier plan de relance d'un volume de 31 milliards d'euros, très vite jugé insuffisant face à la gravité de la crise économique.

L'Allemagne a connu au quatrième trimestre 2008 le plus fort recul de son PIB depuis la réunification et s'est enfoncée dans la récession, le Produit intérieur brut (PIB) chutant de 2,1% comparé au trimestre précédent, a indiqué vendredi l'Office fédéral des statistiques.

Les partis d'opposition ont voté contre. Le chef des libéraux du FDP, Guido Wiesterwelle; a jugé ce plan "décevant", estimant que le gouvernement avait décidé de "mauvaises priorités" et aurait dû privilégier les baisses d'impôts. Les Verts et le parti de la gauche radicale Die Linke ont réclamé d'avantage de mesures sociales.