Velib': Quand JC Decaux travaille au pourcentage

Guillaume Guichard

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Il y avait trop de casse, de vol et de soucis techniques. JCDecaux, qui gère le parc de vélo-partage, a obtenu de la Ville de Paris qu'il perçoive dorénavant un intérêt sur les recettes du Velib'. Selon un avenant au contrat approuvé par les élus parisiens lundi 23 novembre, JCDecaux récupérera 35% des recettes pour un chiffre d'affaires compris entre 14 et 17,5 millions d'euros. Ce pourcentage pourra atteindre 50% au-delà de cette somme.

Ces seuils supposent que JCDecaux développe le service: pour l'instant, Velib' génère 14 millions d'euros de chiffre d'affaires. "Il faut donc que nous réalisions au moins le même résultat pour être récompensé", indique à E24 Albert Asseraf, directeur général en charge de la stratégie du groupe.

Cette modification du contrat intervient après de longues négociations avec la Ville de Paris. JCDecaux se plaignait en effet du surcoût inattendu -8,5 millions d'euros- généré par les dégradations et les vols. "Depuis le lancement du programme, le 15 juillet 2007, nous avons subi 8.000 vols et 18.000 destruction de vélos", soutient Albert Asseraf.

57 millions de chiffre d'affaires

Face à ce vandalisme parisien, le groupe affirme qu'il ne s'y retrouve plus. Et ce, malgré les 57 millions d'euros de chiffre d'affaires réalisés en 2008 grâce aux panneaux publicitaires sensé financer le système de vélo-partage. L'avenant proposant un partage des revenus est néanmoins soumis à certaines conditions. La société devra notamment assurer une meilleure régulation des vélos (toujours des places disponibles ou des vélos à disposition aux stations) et un délai d'attente de 2 minutes maximum à son service d'aide téléphonique.

Le modèle économique du vélo-partage tel que pratiqué par JCDecaux dans 3.500 villes dans le monde ne s'en trouve pas bouleversé. En général, les revenus publicitaires couvrent les frais d'exploitation. Mais dans certains cas, la société perçoit déjà un pourcentage sur recettes. "Dans certaines villes le volume publicitaire ne suffit pas à financer le service", explique Albert Asseraf. "Dans ce cas, nous demandons un partage des recettes".

C'est le cas à Lyon ou Rouen, par exemple. Logique: les espaces publicitaires sont moins nombreux dans ces villes, et les affichages publicitaires sont vendus moins chers.