Buffett s'associe à Goldman Sachs dans le rachat de crédit d'impôt

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Après l'acquisition du principal opérateur des chemins de fer aux Etats-Unis, (Burlington Northern Santa Fe ) pour 34 milliards de dollars, le milliardaire Warren Buffett préparerait un nouveau coup.

Son fonds Berkshire Hathaway va s'associer à la banque Goldman Sachs pour le rachat de 3 milliards de dollars de crédits d'impôts auprès de l'organisme de refinancement hypothécaire Fannie Mae, a indiqué mercredi le Wall Street Journal.

Le quotidien, qui cite des sources proches du dossier, estime que l'implication de Warren Buffett est un nouveau rebondissement dans une affaire sensible pour l'administration américaine.

Bonne et mauvaise presse

Selon le WSJ, le département du Trésor, qui a injecté 45,9 milliards de dollars dans Fannie Mae pour lui éviter la faillite au plus fort de la crise financière, pourrait bloquer la transaction, s'il juge qu'elle n'est pas bénéfique aux contribuables américains. Les décisions concernant Fannie Mae relèvent du gouvernement américain depuis que ce dernier l'a pris sous sa tutelle

Mais Goldman Sachs, dont la réputation a été ternie par la crise financière, peut se réjouir de l'arrivée de Berkshire, "alors que Warren Buffett est très respecté tant à Washington qu'à Wall Street", souligne le journal. En outre, rappelle le WSJ, Berkshire a été un investisseur de long terme dans le programme de crédit d'impôts du gouvernement et est un actionnaire important de la banque d'affaires.

Optimisation fiscale

Le "low-income-housing tax credits" a été créé en 1986 pour mobiliser des fonds privés dans la construction de logements sociaux grâce à un crédit d'impôts pouvant atteindre 60% du coût du programme. Les promoteurs immobiliers bénéficiaires de cet avantage pouvaient aussi revendre ce crédit d'impôt à des institutions financières qui voulaient optimiser leur charge fiscale.

Ces investissements dans les rachats de crédits d'impôts ont été très affectés par la récession aux Etats-Unis. Ils devraient tomber à 4,5 milliards de dollars cette année contre 8,4 milliards en 2007. Avec le retour des profits, les fonds et les banques retrouveraient un intérêt à cet outil qui leur permet de réduire leur taux d'imposition.

Reprise immobilière

Les autorités américaines hésitent donc à donner un coup de pouce au secteur bancaire, mal vu dans l'opinion publique. Mais le retour de ces investisseurs permettrait aussi de remettre sur pied le secteur immobilier et de fait Fannie Mae.

L'organisme de refinancement hypothécaire, qui rachète les crédits des banques et des courtiers immobiliers en difficultés, a enregistré de lourdes pertes à cause des défaillances de ses partenaires privés, notamment sur les programmes de construction de logements sociaux.

Selon le Wall Street Journal, Goldman Sachs espére un accord cette semaine.