La Maison Blanche brandit la menace d'une taxe sur les banques

TV avec AFP

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Aux Etats-Unis, l'idée d'une taxe sur les banques circule à la Maison Blanche même si rien d'officiel n'a été annoncé. Sous couvert de l'anonymat, lundi, un haut responsable américain a indiqué à l'AFP que Barack Obama n'exclut pas de taxer davantage les banques qui ont été sauvées de la faillite par l'argent du contribuable.

C'est un changement de discours de la Maison Blanche qui était opposée à une taxe en décembre.

"Saison des grosses primes"

Une pluie de bonus ne dervait pas tarder à tomber, prévient la presse américaine. Le New York Times a annoncé dimanche que les grandes banques de Wall Street s'apprêtaient à verser des bonus faramineux à leurs employés, "malgré les appels à la retenue de Washington et l'irritation de l'opinion publique". Citant des dirigeants de banques, le journal écrit que certaines rémunérations pourraient atteindre, "six, sept, voire huit chiffres" pour certaines personnes.

"La saison des grosses primes, dans les prochains jours et les prochaines semaines, va scandaliser le peuple américain", a prédit Cristina Romer, présidente du Comité des conseillers économiques de Barack Obama. Beaucoup de dirigeants de banques "continuent tout simplement à ne pas saisir la situation", a lancé lundi le porte-parole de M. Obama. Ce dernier avait déclaré le mois dernier qu'il n'avait "pas été candidat (à la présidence) pour aider un tas de banquiers gras de Wall Street".

165 milliards remboursés

Pour désamorcer la polémique, la Maison Blanche prépare le terrain médiatique et évoque la menace d'une taxe. "Le président s'est engagé auprès des Américains à récupérer leurs investissements dans le secteur financier. Si nous avons fait de grands progrès pour recouvrer une grande partie de cet investissement, le président va proposer une façon d'en récupérer davantage, conformément à la loi", a indiqué le haut responsable américain. "L'une des possibilités est de taxer les institutions financières", a-t-il ajouté.

Le plan de recapitalisation des banques américaines mises à genoux par la crise des crédits "subprime", décidé par la précédente administration de George W. Bush et poursuivi par celle de M. Obama, s'élevait à 700 milliards de dollars.

Selon un rapport du Trésor au Congrès publié lundi, 545 de ces milliards ont été engagés, dont 372,62 ont été effectivement dépensés. Sur cette somme, 165,18 milliards ont été remboursés par les banques et 209,44 milliards restent donc dus à l'Etat.