La retraite par points ne règlera pas le problème du déficit

Elsa Meyer avec AFP

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Le gouvernement le répète: 2010 sera l'année de la réforme des retraites. Mais sur le fond, pour l'instant, personne ne sait très bien ce qu'elle devrait donner.

Le Conseil d'Orientation des Retraites (COR) doit remettre aux parlementaires le 28 janvier un rapport très attendu, notamment sur la question d'un changement radical dans le calcul des pensions.

Changer de système de calcul

Et le COR est sans appel: cette possibilité est "techniquement" faisable mais ne résoudra en rien le problème des déficits, estimés à 11 milliards d'euros en 2010.

Ce document, dont l'AFP s'est procuré la version provisoire, souhaitait notamment savoir s'il fallait passer en France d'un système de retraites "en annuités", à un système à "points" ou en "comptes notionnels".

Système "en annuités"

Actuellement, les salariés du privé, affiliés au régime général calculent leur retraites "en annuités".

Une personne de 60 ans minimum, ayant cotisé la durée requise (41 ans en 2012), se verra verser une pension à taux plein, équivalente à 50% de son salaire moyen calculé sur ses 25 meilleures années.

Système "à points"

Dans un régime à points, comme cela est le cas en Suède, le salarié accumule des points tout au long de sa carrière.

Au moment de son départ à la retraite, le nombre final obtenu est multiplié par la valeur de ce point que le gouvernement peut ajuster en fonction des besoins du système.

Système de "comptes notionnels"

Le système de "comptes notionnels" est assez similaire. L'assuré n'accumule pas des points mais un "capital virtuel", qui correspond à la somme des cotisations versées tout au long de la carrière.

Ce capital est revalorisé chaque année en fonction notamment du PIB ou de la masse salariale.

Au moment du départ à la retraite, un "coefficient" lui est appliqué pour le convertir en pension et tenir compte de l'espérance de vie de la personne.

Aucun impact sur le déficit

Ces deux derniers systèmes comportent de nombreux avantages. Ils sont plus lisibles et incitent en outre les salariés à prolonger leur activité professionnelle, selon la COR. Aucun de ces systèmes, en revanche, ne permettrait de combler la déficit de la branche vieillesse de la Sécu.

Un changement dans le mode de clacul "soulèverait des problèmes de gestion évidents et nécessiterait en conséquence d'être soigneusement préparé. "Aucune technique ne permet en elle-même d'assurer le retour à l'équilibre financier d'un régime de retraite déséquilibré", précise ainsi le COR.

Trois leviers classiques

L'organisme recommande donc au gouvernement d'agir sur les trois leviers classiques pour renflouer les caisses: augmenter le montant des cotisations, la durée de cotisation globale ou l'âge de départ légal à la retraite.

Et les débats semblent plutôt, pour l'instant, s'orienter dans cette direction depuis que Martine Aubry a accepté l'idée, la semaine dernière, de faire passer le moment légal pour arrêter de travailler de 60 à 61, ou même 62 ans.