VISA & Co hors la crise

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Toutes les sociétés de services financiers ne pas logées à la même enseigne devant la récession de l'économie américaine. Si la baisse de la consommation des ménages et l'augmentation du taux de chômage américain entraînent une hausse du coût du risque pour les banques, les opérateurs de transactions électroniques -qui jouent un rôle de péage sur les autoroutes des paiements électroniques- sont eux relativement épargnés par la crise.

Cette relative "immunité" se lit dans l'évolution favorable de leur cours de Bourse. La raison est double: ces sociétés ne prêtent pas d'argent et elles profitent tant du développement des cartes de crédit que des cartes de débit et de l'usage croissant des cartes de paiement à travers le monde.

VISA, premier opérateur mondial des transactions électroniques de paiement, est une belle illustration de cette situation. La société a annoncé mercredi un bond de 70% de son bénéfice net trimestriel. Les consommateurs américains -qui représentent 80% des transactions traitées par VISA- s'adaptent à la crise: la valeur des échanges traités par la société s'est légèrement tassée au cours du trimestre (-1%). Mais le nombre de transactions augmente rapidement (+8%). Le groupe a d'ailleurs son objectif d'une croissance rapide de ses résultats - 20% par an pour le bénéfice net par action d'ici 2010.

Ces résultats bien orientés tranchent par exemple avec ceux d'American Express, troisième émetteur de cartes au plan mondial. A la différence de VISA, Amex subit de plein fouet l'augmentation du taux de défaillance et les difficultés des porteurs de cartes de rembourser leurs dettes. Résultat: au cours du premier trimestre 2009, le bénéfice net d'Amex a chuté de 56%.

VISA, tout comme MasterCard, son concurrent coté le plus direct, ont beaucoup d'arguments pour attirer les investisseurs. Bénéficiant de parts de marché importantes, ces opérateurs affichent des niveaux de marge confortables - 49,1% de marge brute d'exploitation au cours de l'exercice clos en septembre 2008 pour VISA. Ils disposent chacun d'une marque établie, d'une récurrence des revenus, et d'une bonne visibilité sur la génération de cash. Le bilan de VISA présente peu, voire pas, de risques.

Depuis la mise en Bourse de la société il y a un an, son cours a progressé de 44%. VISA affiche désormais une capitalisation boursière de près de 48 milliards de dollars, soit 19 milliards de plus qu'American Express. MasterCard publiera ses résultats trimestriels vendredi.