Agriculture: Le problème de fond demeure

G. G. avec AFP

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Les réactions à l'annonce du plan d'aide à l'agriculture de Nicolas Sarkozy ont été mitigées. La plupart soulignaient l'absence de réformes structurelles. En première ligne, la FNSEA, par la bouche de son président Jean-Michel Lemétayer, a estimé que le plan d'urgence allait "dans le bon sens mais" qu'il ne pouvait remplacer une réelle politique de soutien des prix.

"Nous disons au président "chiche". Mettez-le rapidement en œuvre, de manière simple et efficace, de façon à ce que nos producteurs puissent bénéficier du soutien à leur profession", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse conjointe avec les Jeunes agriculteurs (JA).

"Effort plus important"

S'il a salué l'annonce d'une dotation pour les aléas écologiques "très attendue" par les agriculteurs, Jean-Michel Lemétayer a rappelé que les agriculteurs espéraient "un effort plus important" notamment sur les charges patronales. "Là encore l'effort est là, mais il ne va pas compenser les énormes distorsions du coût du travail par rapport à nos voisins européens". Et ce, malgré des exonérations de charges patronales sur les emplois saisonniers (un effort de 170 millions d'euros).

"Du pain sur la planche"

"Nous verrons l'efficacité de la France du président du gouvernement dans sa capacité à entraîner les autres pays européens dans leur sillage" pour une meilleure régulation du marché européen. Sur ce point, Lemétayer a estimé que Nicolas Sarkozy avait "du pain sur la planche", s'inquiétant notamment des "accents très libéraux de la politique allemande et de Mme Merkel".

Pour sa part, la présidente des Producteurs de légumes de France (branche de la FNSEA), Angélique Delahaye, s'est déclarée sceptique. "Qu'on commence déjà par appliquer les lois existantes avant d'en faire des nouvelles", a-t-elle dit à l'AFP, en marge de la conférence de presse.

Selon elle, l'Etat devrait "déjà commencer par sanctionner les grandes surfaces" qui forcent les producteurs à baisser les prix sans contrepartie en les menaçant de les rayer de leur liste de fournisseurs.

"Geste fort"

Le président de l'Association des producteurs de lait indépendants (APLI), Pascal Massol, qui a co-organisé un large mouvement de protestation contre l'effondrement du prix du lait, a jugé sur France 2 que Nicolas Sarkozy avait fait un "geste fort". Mais il faudra maintenant étudier les mesures "au cas par cas", a-t-il ajouté. "J'espère que dans les années à venir nous allons pouvoir rembourser ce que nous donne l'Etat en payant des impôts parce que notre production sera redevenue rentable".

Pour un "changement de cap"

Pour le Parti socialiste, l'aide d'urgence ne réglera pas le problème, a soutenu le principal parti d'opposition. "Faute de réformes structurelles profondes qui garantissent des prix rémunérateurs, les déséquilibres actuels, qui ne permettent pas aux agriculteurs de vivre de leur travail, perdureront", écrit le PS dans un communiqué.

Selon le PS, "la future loi d’orientation sur l’agriculture, qui met en avant "une vision exportatrice d’une agriculture compétitive sur les marchés internationaux", est maintenue. C’est cette vision qui a conduit à la libéralisation des marchés agricoles, à la baisse des prix et à la crise actuelle".