Emploi: 1 million d'actifs supplémentaires en 5 ans

Elsa Meyer

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La population active française a augmenté de 1 million de personnes entre 2003 et 2008 pour atteindre 28 millions de Français actifs, âgés de 15 ans ou plus et vivant en métropole. Parmi eux, 25,9 millions étaient employés et 2,1 millions au chômage, au sens du BIT, d'après les chiffres de l'Insee publiés ce mardi.

"Cette hausse est en grande partie due à l’accroissement de la population française mais aussi à la poursuite de la hausse de l’activité féminine", selon l'Institut. Le taux d’activité féminin est ainsi passé de 50,1 % en 2003 à 51,1 % en 2008.

Emploi salarié majoritaire

Entre 15 et 64 ans, près des deux tiers des Français ont un emploi. Les hommes restent plus nombreux que les femmes à travailler: leur taux d’emploi s'est amélioré, passant de 58,1 % à 60,3 % en cinq ans, mais reste inférieur à celui des hommes (69,4 %).

L’emploi salarié est encore largement majoritaire. Neuf personnes en emploi sur dix sont salariées d’une entreprise, dont 77% dans le secteur privé. Le secteur public concentre 23 % des salariés français avec une surreprésentation féminine: une femme sur quatre y travaille contre seulement un homme sur sept.

5% de sous-emploi

Le CDI reste la norme avec 20,1 millions de personnes dans cette situation en 2008 (86,8%) contre 19,1 millions en 2003 (87,6 %). Les statuts plus précaires de type CDD, intérim et apprentissage concernent 13,1% de l'emploi salarié et plus de la moitié des moins de 25 ans.

Près de 5% des personnes salariées sont enfin en sous-emploi, "c’est-à-dire ont un poste, le plus souvent à temps partiel, mais souhaiteraient travailler davantage", explique l'Insee. Les femmes sont particulièrement touchées puisqu'elles représentent les trois quarts des effectifs.

2,1 millions de chômeurs

2,1 millions de personnes étaient au chômage au sens du BIT en 2008, soit 7,4 % de la population active - un taux qui a fortement augmenté depuis avec la crise. Les différences entre les sexes sont importantes: les taux de chômage masculin et féminin s’établissaient respectivement à 6,9 % et 7,9 %.

"L'écart sur les taux de chômage entre hommes et femmes s’est pourtant fortement réduit depuis 2003 notamment pour les 15-24 ans (-1,6 point)", analyse l'Institut de la statistique. Dans cette tranche d’âge, le taux de chômage des femmes est même inférieur à celui des hommes.

Trois facteurs peuvent expliquer ce résultat selon l'Insee. Le niveau de formation féminin est désormais plus élevé que celui des hommes: en 2008, 28 % des françaises actives âgées de 15 à 24 ans possèdaient un diplôme de l’enseignement supérieur contre seulement 13 % pour leurs homologues masculins.

"Ces jeunes femmes s’orientent plus fréquemment vers les formations de la santé et du social, à l’issue desquelles l’insertion professionnelle est souvent plus rapide. Elles sont également plus enclines à reprendre des études ou à entamer une formation complémentaire", analyse l'Institut.

Différences sociales

Les difficultés d'accès à l'emploi sont donc marquées entre les sexes mais aussi selon la catégorie socioprofessionnelle. Le risque de chômage des ouvriers était ainsi trois fois et demie plus élevé que celui des cadres (10,2 % contre 3,0 %) en 2008.