La CAC en dents de scie

E24 avec AFP

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La Bourse de Paris hésite autour de l'équilibre ce jeudi matin, le CAC 40 prenant 0,66% après avoir ouvert en nette baisse, dans un marché partagé entre les publications bien accueillies de GDF Suez et Capgemini et le pessimisme sur les banques et le secteur industriel. A 9h30 , l'indice vedette prenait 21,33 points à 3.255,29 points. Il avait perdu 1,2% à l'ouverture, après avoir lâché 4,83% mardi et 3,07% mercredi, dans le sillage de la forte baisse de Wall Street et Tokyo. Londres abandonnait 0,67%, Francfort était stable et l'Eurostoxx 50 gagnait 0,38%.

Comme toutes les Bourses mondiales, la place parisienne évolue en dents de scie depuis le 10 octobre, dans une large fourchette de 3.030 points à près de 3.700 points, ballotée entre rebonds techniques et nouveaux accès de faiblesse. Une période d'hésitation du même type avait déjà suivi les deux premières corrections boursières de l'année, en janvier et juin-juillet. A chaque fois, les mouvements de yo-yo avaient duré moins de deux mois, avant de se solder par une nouvelle chute.

Nouvelle vague de baisse

Alexandre Le Drogoff, responsable de la recherche technique chez Aurel, juge toutefois que la "pause" est terminée et que le marché "a vraisemblablement enclenché une nouvelle vague de baisse, dont le premier objectif très court terme est situé à 3.000 points".

Dans l'immédiat, l'indice vedette profite du bon accueil réservé aux publications du jour, en particulier les ventes trimestrielles de Capgemini (+3,93% à 25,27 euros) et le résultat brut d'exploitation de GDF Suez (+3,56% à 33,44 euros) sur neuf mois, au-dessus des attentes des analystes.

Mais l'inquiétude reste entière sur la situation des banques, après les propos du PDG de JPMorgan Chase redoutant l'impact "assez considérable" de la montée du chômage sur la demande en prêts: BNP Paribas lâche 2,01% à 44,74 euros, Dexia 2,79% à 4,87 euros et Société Générale 1,57% à 40,04 euros. Natixis évolue de son côté à l'équilibre, après avoir publié une perte nette un peu moins lourde que prévu au troisième trimestre et annoncé, par la voix de son directeur général Dominique Ferrero, son intention de se désengager de certaines activités complexes.

Aucune amélioration en vue

Sur le front macro-économique, l'Allemagne a connu une récession technique avec deux trimestres consécutifs de recul de son produit intérieur brut: selon une estimation provisoire, le PIB a baissé de 0,5% au troisième trimestre par rapport au précédent, après s'être contracté de 0,4% au deuxième trimestre.

"Le vrai drame réside dans le fait que rien ne permet d’imaginer une amélioration au quatrième trimestre 2008. En effet, c’est en octobre et novembre que les principaux dégâts économiques de la crise financière ont été enregistrés", a commenté Marc Touati, de Global Equities.

L'inquiétude persiste

Tokyo a essuyé une deuxième séance consécutive de très net repli, perdant 3,07% et pâtissant des inquiétudes quant à l'impact de la crise économique sur les entreprises. L'indice Nikkei a clôturé la séance de jeudi par un plongeon de 5,25%, dans un marché désespéré par la volte-face de Washington qui a renoncé à acheter les actifs toxiques des banques, et par l'appréciation galopante du yen face au dollar et à l'euro. La Bourse de New York a elle aussi fini en forte baisse, pour la troisième séance d'affilée, paniquée par la déprime du consommateur américain à l'approche des fêtes: le Dow Jones a chuté de 4,73% et le Nasdaq 5,17%.

Une chute similaire pour la Bourse de Hong Kong qui cloture en baisse de -5,15% après la dégringolade de Wall Street la veille, selon des courtiers. La Bourse de New York a fini en forte baisse pour la troisième séance consécutive. La bourse de Séoul a ouvert elle aussi sur une baisse de 4,4%.

Une dégringolade qui fait suite au revirement du gouvernement fédéral américain qui a renoncé mercredi 12 novembre à racheter les actifs pourris des banques, et la montée en flèche du yen face au dollar.