Fiançailles entre la Banque Populaire et la Caisse d'Epargne

Delphine Halgand avec AFP

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C'est officiel. Les administrateurs du Groupe Caisse d'Epargne ont donné leur feu vert pour discuter des modalités d'une fusion avec le Groupe Banque Populaire. Les deux banques, éclaboussées par la crise du subprime à travers leur coentreprise Natixis, tentent de rebondir.

On sait déjà qui prendra la tête du nouvel ensemble: Philippe Dupont, le président du groupe Banque Populaire. Il sera président du directoire, tandis que le président du conseil de surveillance sera, lui, issu du groupe Caisse d'Epargne.

Le mariage prévoirait un rapprochement des deux organes centraux tout en préservant les réseaux d'agences séparés, à l'image de Crédit Agricole/LCL. Cette fusion "permettrait de constituer le deuxième groupe bancaire français", indique ce mercredi 8 octobre la Caisse d'Epargne dans un communiqué.

"Le nouvel ensemble aurait des fonds propres de plus de 40 milliards d'euros, 480 milliards d'épargne et de dépôts, un PNB (produit net bancaire, équivalent du chiffre d'affaires) de 17,5 milliards d'euros, un réseau de 8200 agences en France et près de 100 000 collaborateurs", précise le document.

Maintenant, les deux banques vont devoir discuter des détails. Les négociations porteront sur les apports respectifs, le projet industriel et la gouvernance. Les discussions s'annoncent serrées, à cause notamment de la différence de taille qui existe entre les deux banques. La Caisse d'Epargne compte 26 millions de clients contre 8 à la Banque populaire. Fin 2007, 358 milliards d'euros étaient déposés sur les comptes de l'Ecureuil et 100,4 sur ceux de sa future promise. Côté bénéfice, la Banque Populaire s'en sort mieux. Au premier semestre, le bénéfice net de la Caisse d'Epargne a fondu à 21 millions d'euros, contre 1,449 milliard d'euros il y a un an. La Banque populaire a également vu son bénéfice net s'effondrer au premier semestre, à 94 millions d'euros contre 1,1 milliard sur la même période en 2007.

La fusion a été précipitée par les derniers rebondissements de la crise financière et notamment par la reprise de Fortis Belgique et Luxembourg par BNP Paribas qui a fait accéder cette dernière au titre de première banque de dépôt de la zone euro. L'Ecureuil et Banque Populaire ne pouvait pas laisser l'écart se creuser plus longtemps. Charles Milhaud, président du directoire de la Caisse nationale des Caisses d'Epargne, s'est défendu que la fusion vise à sauver la filière commune en difficulté Natixis. Le mariage était prévu "à l'horizon 2011-2012."

Ayant reçu l'aval de l'Elysée, l'union pourrait se faire dans les trois à six mois, a estimé Charles Milhaud, président du directoire de la Caisse nationale des Caisses d'Epargne.