La justice s'attaque aux transferts douteux du PSG

E.M. avec AFP

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Après l'annulation de son match contre l'OM pour cause de grippe A il y a quelques jours, c'est désormais dans un tout autre registre que le PSG fait parler de lui. Les juges ont renvoyé ce lundi, devant le tribunal correctionnel de la capitale, le club, en tant que personne moral, deux de ses anciens présidents, Nike France et des agents de joueurs dans l'enquête sur des transferts douteux au PSG, a-t-on appris de sources proches de l'enquête.

Depuis 2005, les juges enquêtaient sur l'existence d'un vaste système de fraude présumé au sein du club parisien entre 1998 et 2003. L'objectif: limiter les charges sociales et fiscales versées par le PSG.

Système de fraude

Les magistrats du pôle financier du palais de justice de Paris, Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset, ont signé vendredi leur ordonnance de renvoi devant le tribunal, a-t-on précisé de mêmes sources.

Deux anciens présidents du club, Francis Graille et Laurent Perpère, sont renvoyés pour "faux, usage de faux et travail dissimulé", selon une de ces sources, confirmant une information de Mediapart.

La société anonyme sportive professionnel (SASP) Paris-Saint-Germain est elle aussi renvoyée pour "altération de documents, non déclaration de salaires de joueurs et usage de faux".

Usage de faux

L'équipementier sportif Nike France, pour "usage de faux, complicité de travail dissimulé", et son ancien directeur, Olivier Jaubert, sont eux aussi renvoyés, conformément aux réquisitions du parquet prises en septembre. Nike Europe échappe en revanche à un procès, tout comme l'ancien directeur financier de Nike France, Jean-Baptiste Mayer.

Selon l'accusation, le club parisien aurait entre autres demandé à Nike de verser des compléments de salaires à certains joueurs, pour permettre au PSG de payer moins de charges sociales et aux joueurs moins d'impôts.

Pour rentrer dans ses fonds, Nike aurait de son côté facturé de fausses amendes au club pour non-respect des obligations du contrat à l'image. De 1998 à 2003, vingt-quatre joueurs, dont Lionel Letizi, le Brésilien André Luiz ou Romain Rocchi, ainsi que deux entraîneurs, auraient bénéficié du système pour une enveloppe totale de neuf millions d'euros.

Agents de joueurs

Un second volet de l'enquête, ouvert pour "faux et usage de faux et exercice illégal de la profession d'agent de joueurs", a été consacré à ces derniers.

Selon les enquêteurs, certains d'entre eux auraient perçu des commissions supérieures aux 10% légaux lors du transfert de leur joueur au PSG. Ils les auraient ensuite reversées à leur poulain comme compléments de salaires non déclarés.

Richard Bettoni, Rako Stojic, Milan Calassan, Roger Henrotay, José Maria Minguela, Roberto Rodriguez, Robin Bolli, Antonio Jose Da Sila Vega, ou encore Paolo Martin Barbosa, sont ainsi dans le collimateur de la justice.

Aucun des joueurs du PSG concernés par ces transferts douteux n'a cependant été mis en examen dans le dossier. Le procès devrait se tenir dans un délai compris entre six mois et un an.