Nicolas Sarkozy lance une conférence pour s'attaquer au déficit public

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Très attendue, la conférence sur le déficit public commence ce jeudi à huit clos. Nicolas Sarkozy a ouvert les débats qui s'annoncent délicats pour tenter de retrouver l'équilibre. Mais il a d'ores et déjà renvoyé au mois d'avril, après les régionales, des "décisions extrêmement importantes" sur le sujet.

Explosion du déficit

"Notre situation est certes meilleure que celle de beaucoup de nos partenaires. Mais avec un déficit public qui représente environ 8% de notre richesse nationale, personne ne peut dire qu'elle n'est pas sérieuse", a déclaré le président de la République.

Depuis le début de la crise, la France, comme l'ensemble de ses partenaires européens, a vu son déficit exploser avec la baisse de la croissance, donc des recettes fiscales, et le poids du plan de relance.

Selon les dernières prévisions du gouvernement pour 2010, le déficit de la France (Etat, comptes sociaux, collectivités locales) devrait atteindre 8,2% en 2010, contre 7,9% l'année dernière.

Hausse de la dépense publique

Et même si la situation s'est aggravée depuis un an et demi, elle n'est pas nouvelle. Nicolas Sarkozy a également attribué cette hausse à "l'inclinaison pour l'intervention publique" des gouvernements qui se sont succédé depuis la fin des années 1970.

"Nous dépensons trop et nous dépensons mal", a résumé Nicolas Sarkozy.

La dépense publique a augmenté "de façon considérable pour être aujourd'hui la plus élevée de la zone euro" et atteindre "le niveau record de 55% du PIB", a rappelé le chef de l'Etat.

Trois pistes pour résorber le déficit

Alors que faire pour résorber le déficit ? Le président de la République a écarté d'emblée toute hausse des impôts. Ce serait "une fausse solution. Ceux qui la préconisent mentent aux Français car plus d'impôts, c'est moins de croissance", a-t-il répété.

Plusieurs parlementaires, de droite comme de gauche, jugent pourtant cette solution inévitable, à moyen terme.

Philippe Marini, rapporteur UMP de la commission des finances du Sénat, proposait ainsi dans son rapport du 15 octobre dernier ("Quels prélèvements obligatoires pour la sortie de crise ?") une hausse de la fiscalité dès que les effets de la crise économique se seraient dissipés.

1. Restaurer la croissance

Mais pour Nicolas Sarkozy, la solution est avant tout de "restaurer la croissance en réformant notre économie, en supprimant les barrières à l'emploi et en investissant (...)". Car avec une hausse du PIB, les recettes fiscales de l'Etat augmenteraient automatiquement.

2. Réduire les dépenses

"La seconde chose à faire, c'est bien sûr de maîtriser et réduire la dépense", a ensuite préconisé le président. Il a notamment fustigé l'augmentation des effectifs de fonctionnaires "de 36% en trente ans alors que la population n'augmentait que de 18%".

3. Diminuer l'emprunt

Le chaf de l'Etat a enfin mis en garde contre un recours excessif à l'emprunt, estimant qu'il "handicape notre avenir au lieu de le préparer et menace notre contrat social". La dette publique pourrait atteindre les 83,2% du PIB en 2010.