La fin d'avantages fiscaux des sportifs entérinée

E..M. avec AFP

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Le gouvernement ne souhaite pas revenir sur l'amendement supprimant des avantages fiscaux aux sportifs voté jeudi à l'Assemblée, la somme correspondante devant être "redéployée" en direction du sport amateur, a indiqué lundi le ministre du Budget Eric Woerth.

Interrogé sur la réaction du secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand, qui a désapprouvé vendredi cet amendement en réclamant un réexamen de ce texte, M. Woerth a déclaré sur RTL que le gouvernement ne remettrait pas en cause cette suppression.

Redéployer la somme

"Cette somme, il faut la redéployer" en "essayant "de la consacrer au sport amateur et pas au sport professionnel", a-t-il estimé.

Le ministère des Sports considérait que cette exonération de charges sociales réservée aux sportifs de haut niveau n'était "pas efficace" en termes de compétitivité des clubs, a-t-il rappelé.

"La Cour des comptes dénonce depuis des années ce +droit à l'image+", qui représente une "niche sociale", a-t-il souligné, estimant que la ministre de la Santé et des Sports Roselyne Bachelot avait "pris une position courageuse" en défendant la suppression de cet avantage fiscal.

"C'est de l'argent public, c'est l'argent des Français" qui n'est "pas bien employé" et serait mieux utilisé "dans le cadre du sport amateur", a-t-il plaidé.

L'amendement déposé par le député UMP Yves Bur annule au 31 décembre 2009 des exonérations fiscales liées au "droit à l'image collectif" des sportifs, un dispositif voté en 2004 et censé disparaître en 2012.

Cacophonie

La remise en cause de ces avantages fiscaux des sportifs avait provoqué jeudi une cacophonie gouvernementale entre Roselyne Bachelot (Santé) et sa secrétaire d'Etat aux Sports, Rama Yade.

"Lorsqu'il y a publiquement un désaccord entre un secrétaire d'Etat et un ministre, c'est le ministre qui a raison", a commenté M. Woerth, soulignant qu'il y avait "quand même une hiérarchie dans le gouvernement".