CFAO devrait rapporter au moins 805 millions d'euros à PPR

Jocelyn Jovène

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La mise en Bourse de CFAO devrait rapporter 805 millions d'euros à PPR, le groupe de luxe et de distribution, qui a décidé de coter sa filiale de distribution spécialisée, présente à 70% en Afrique.

Les actions CFAO seront proposées aux investisseurs entre 24,8 et 29 euros par action, soit un prix médian de 26,9 euros. PPR cède 31 milliions d'actions CFAO, soit environ 50,4% du capital de la société. Ce pourcentage pourra être porté à 57,94% du capital si la demande pour les titres CFAO est plus forte que prévu. La cotation des actions CFAO devrait débuter le 3 décembre.

CFAO était valorisée entre 1,6 et 2,2 milliards d'euros par différents bureaux d'étude. PPR et ses quatre banques conseils - BNP Paribas, Goldman Sachs, Société Générale et Calyon - ont préféré jouer la prudence. Sur la base du milieu de fourchette, l'entreprise vaut environ 1,66 milliard d'euros.

Contexte difficile

L'opération se produit dans un environnement économique difficile. CFAO prévoit un chiffre d'affaires supérieur à 2,5 milliards d'euros cette année, contre 2,86 milliards d'euros en 2008. Un recul qui s'explique notamment par les difficultés du pôle automobile et par les effets de la crise financière sur la croisasnce des économies africaines et sur l'évolution des devises.

Mais le rebond pourrait intervenir dès 2010. Pour les responsables de CFAO, le marché automobile africain (1,4 millions de voitures neuves) est promis à un bel avenir, sachant que le groupe s'adresse surtout à une clientèle d'entreprises. Le niveau de dépenses en médicaments en Afrique (4 euros) devrait lui aussi croître. Pour assurer son développement, CFAO noue des partenariats de long terme avec de grands groupes (IBM, Heineken, Bic, Toyota, GM, Otis, Novartis, Pfizer...) pour distribuer leurs produits.

La mise en Bourse de l'entreprise "a pour objectif de permettre au groupe de conforter sa stratégie de développement". Celle-ci repose, selon le document de base du groupe, sur cinq piliers: une croissance interne élevée dans les marchés existants (automobile, pharmacie, services informatiques et industries, comme les boissons); l'amélioration des marges; développer les métiers sur un plan géographique; développer de nouveaux métiers et réaliser des acquisitions ciblées. Elle permet également à PPR, aujourd'hui actionnaire à 100% de CFAO, de retirer une belle somme d'argent, de réduire son propre endettement (6,4 milliards d'euros de dettes nettes pour 10,4 milliards d'euros de fonds propres) et d'envisager d'autres projets de croissance.

Ambitieux plan de développement

Malgré un programme de travail chargé, les dirigeants de CFAO ont assuré mardi qu'ils n'avaient pas besoin de lever de nouveaux capitaux pour financer leur croissance. En revanche, pour réaliser des acquisitions importantes, pour renforcer un métier existant ou développer une nouvelle activité, une augmentation de capital ou une hausse de l'endettement ne seront pas écartées, a déclaré Richard Bielle, le président du directoire de CFAO.

"Nous avons quelques idées à l'état de réflexion, qui pourraient consister à développer des activités complémentaires aux métiers existants du groupe. Par exemple, dans l'automobile, on pourrait envisager un développement dans des services connexes comme le leasing ou la location longue durée", a expliqué le dirigeant.

L'introduction de CFAO est la première opération significative à la Bourse de Paris depuis 2 ans. Reste à savoir si le statut congloméral de CFAO n'effraiera pas les investisseurs potentiels, alors que d'autres opérations d'introduction en Bourse se profilent à l'horizon du premier semestre 2010.

A moyen terme, CFAO anticipe une croissance des ventes de 10% par an en moyenne. Une performance que les dirigeants jugent à leur portée. Entre 1999 et 2008, le chiffre d'affaires de leur groupe a progressé de 11,8% par an en moyenne.