L'égalité professionnelle hommes-femmes a encore du chemin à faire

E24 avec AFP

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L'absence d'avancées récentes dans la réduction des inégalités professionnelles entre hommes et femmes, tant parmi les salariés qu'au sommet des entreprises, domine cette année la Journée internationale des femmes du 8 mars, selon féministes, syndicats et économistes. "Nos droits sont fragiles, ils veulent les remettre en question", proclame le Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), qui a manifesté samedi 7 mars près du siège du Planning familial, qui affirme être toujours menacé de restrictions de crédits, malgré les assurances gouvernementales.

Pour le CNDF, "l'année 2009 risque de voir les inégalités accentuées par la crise économique, dont les femmes pourraient être particulièrement victimes", alors que le chômage des femmes est déjà plus élevé que celui des hommes (9,6% contre 8,1%). Selon un rapport du bureau international du travail (BIT) rendu public jeudi 5 mars, les femmes devraient davantage souffrir du chômage que les hommes en 2009. Certes, au stade actuel, selon deux économistes de l'OFCE (centre de recherche en économie de Sciences Po) Françoise Milewski et Hélène Périvier, "le flot récent des demandeurs d'emploi est surtout constitué d'hommes, car les destructions d'emplois sont concentrés dans les secteurs industriels".

Mais les femmes, davantage présentes dans le temps partiel et les contrats précaires, risquent de souffrir plus que les hommes de réductions d'horaires, donc de réductions de salaires, et d'une aggravation de la précarité, poursuivent-elles dans un texte publié jeudi 5 mars. En outre, craignent les deux économistes, "la crise risque de reléguer au dernier plan" la question de l'égalité professionnelle.

L'annonce mercredi 4 mars par le ministre du Travail Brice Hortefeux qu'une "mission" suivie d'une concertation allait traiter de l'égalité salariale, promise maintes fois pour 2010, fait craindre à beaucoup que la loi sur les sanctions financières aux entreprises récalcitrantes ne voit pas le jour. "Il ne faut pas être naïf, cela veut dire qu'il n'y a pas de volonté politique, pour des sanctions, il faut une loi", affirme à l'AFP Marie-Jo Zimmermann, députée UMP, dont la proposition de loi sur la place des femmes dans les instances dirigeantes des entreprises a été jugée jeudi par Brice Hortefeux "trop en avance". "Cela fait quarante ans que les féministes se battent, dit-elle, on connaît la situation, on n'a pas besoin d'une mission".

Le mouvement patronal Ethic s'est indigné mercredi 5 mars du recul de la parité au sein des entreprises du CAC 40, l'Oréal étant la seule société présentant un taux de mixité supérieur de 15% à tous les échelons. La situation s'aggrave même puisque, selon une étude de l'agence Capitalcom, la part des femmes dans l'effectif global des dirigeants du CAC 40 a baissé de 3,3 points sur un an. Les femmes représentent 25,7% des cadres, en baisse de 1,9 point par rapport à 2008 (27,6%), est-il indiqué. Seules onze des quarante plus grandes entreprises françaises respectent la parité hommes/femmes dans leur effectif, trois d'entre elles l'atteignant également dans leur encadrement, selon cette étude.