Économie

Total pousse ses pions dans le nucléaire

Le patron du groupe pétrolier veut jouer un rôle plus important dans le projet de deuxième réacteur nucléaire de type EPR que la France prévoit de construire.

Total s'attend à des résultats "nettement plus modestes" pour l'industrie en général en 2009 après un cru 2008 qui s'annonce bon, avertit son directeur général Christophe de Margerie dans un entretien publié lundi par Les Echos. Le dirigeant prévoit de poursuivre ses investissements dans le pétrole, mais également dans d'autres sources d'énergie comme le nucléaire.

Dans le cadre du projet de deuxième centrale nucléaire de type EPR, Total souhaite obtenir une participation "à deux chiffres", d'au moins 10%, mais veut également devenir un partenaire industriel du projet avec EDF. "Notre souhait est qu'EDF nous donne la possibilité de participer de façon active à la construction du deuxième EPR français, en nous permettant par exemple de mettre des équipes à disposition du projet", explique le dirigeant. Le président Nicolas Sarkozy a annoncé fin janvier le lancement de la réalisation d'une deuxième centrale nucléaire de type EPR en France, à Penly, un projet conduit par EDF dans lequel GDF Suez est associé minoritaire.

Christophe de Margerie rappelle également que son groupe, déjà associé au groupe nucléaire Areva et à GDF Suez pour vendre deux réacteurs nucléaires EPR à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, a des ambitions dans ce domaine. "Nous avons clairement la volonté d'acquérir un savoir-faire dans le domaine du nucléaire, afin de pouvoir devenir un jour un véritable acteur dans l'exploitation de centrales", affirme-t-il.

Le dirigeant ne voit pas la nécessité de réaliser en ce moment de grandes opérations de fusions dans le secteur pétrolier. "Les périodes de crise ne constituent pas le meilleur moment pour de grands regroupements car il n'y a pas de consensus sur la valorisation des actifs", déclare Christophe de Margerie.