Un gérant alternatif soupçonné de délit d'initié

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Nouveau scandale à Wall Street. La justice américaine a affirmé avoir réalisé un important coup de filet dans le cadre d'un délit d'initiés impliquant plusieurs sociétés cotées, un cabinet de conseil et le dirigeant d'un important hedge fund de Wall Street. Le préjudice est chiffré à plus de 25 millions de dollars par la justice américaine.

Arrêté vendredi dernier par les autorités fédérales, Raj Rajaratnam, 52 ans, est le directeur de la société de gestion alternative Galleon Management, une société qui gérait 3,4 milliards de dollars d'actifs début septembre, selon des documents obtenus par Dealbreaker.

Depuis l'annonce de son arrestation, puis sa libération après paiement d'une caution de 100 millions de dollars, les clients de la société ont procédé à de massifs retraits d'argent, estimés à 1,7 milliard de dollars, selon le Wall Street Journal. Une décision qui a contraint la société à vendre de manière précipitée des titres détenus en portefeuille. Deux banques qui travaillaient avec Galleon, Bank of America et Barclays Capital, lui ont fait savoir qu'elles cessaient toute activité.

Devant les 130 salariés des bureaux de Manhattan de Galleon, Raj Rajaratnam, a affirmé n'avoir rien commis d'illégal. Le même message a été envoyé aux clients de la société.

Les autorités américaines n'ont pas le même avis. Elles accusent le gérant, ainsi que cinq autres personnes, de fraude pour délit d'initié. Les personnes impliquées auraient échangé des informations confidentielles sur des sociétés cotées - Google, Intel, Hilton, AMD, Akamai, Clearwire, IBM, PeopleSupport, Sun Microsystems, Polycom - à partir desquelles Raj Rajaratnam et sa société auraient empoché d'importants gains financiers, pour son compte propre et pour celui de certaines des personnes accusées de fraude.

Outre Raj Rajaratnam, Rajiv Goel, salarié d'Intel, Anil Kumar, employé du cabinet de conseil McKinsey, Robert Moffat, un dirigeant d'IBM, Danielle Chiesi et Mark Kurland, deux employés de la société de gestion New Castle Funds LLC sont soupçonnés d'avoir participé à la fraude.