Bernanke fait frémir le dollar

G. G. avec AFP

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Le dollar progressait très légèrement face à l'euro mardi matin sur le marché des changes asiatiques. Le billet vert semblait encore profiter des propos du président de la banque centrale américaine Ben Bernanke, lundi, assurant que la Fed était attentive au cours du billet vert.

Cette déclaration devrait satisfaire Européens et Chinois, qui militent pour un dollar fort.

Vers 7h, l'euro cédait un peu de terrain face au billet vert, à 1,4961 dollar, contre 1,4972 dollar lundi soir vers 22h GMT. La devise américaine était apparemment soutenue par la déclaration du patron de la Fed, qui s'exprime rarement sur le thème des changes.

Face à la devise nippone, le dollar était stable à 89,04 yens contre 89,05 yens lundi soir. Face au yen, la monnaie unique européenne reculait par contre légèrement à 133,22 yens contre 133,35 yens la veille.

Les propos de Ben Bernanke lundi avaient momentanément dopé le billet vert. Mais celui-ci est rapidement revenu au point de départ face à l'euro, les cambistes pariant visiblement sur un maintien à un niveau proche de zéro des taux d'intérêt, un paramètre qui rend le dollar peu intéressant pour les investisseurs.

Pression à la vente

"La tendance à la vente sur le dollar a semblé ralentir légèrement après les propos de Bernanke, qui a pourtant signalé que les taux d'intérêt américains resteront bas pour l'instant", soulignait mardi Yosuke Hosokawa, chef de la division change de Chuo Mitsui Trust. "Mais la pression à la vente sur le dollar devrait reprendre rapidement".

Lors d'une adresse au Club économique de New York, le président de la Réserve fédérale américaine a affirmé lundi qu'il surveillait étroitement le taux de change du dollar. L'institution est "attentive aux implications de l'évolution de la valeur du dollar" pour sa politique, a-t-il ajouté.

Dollar faible satisfaisant

Mais "dans les faits, la Fed est probablement satisfaite d'un dollar faible, étant donné l'impact positif que cela a sur l'économie, tout en n'ayant pas d'incidence négative sur l'inflation", assurait mardi Mitul Kotecha, analyste chez Calyon.

"Il est clair, d'après les remarques (de Bernanke), que la baisse du dollar ne prend pas des proportions suffisantes pour provoquer un changement dans la politique monétaire américaine", estimait lundi soir Marc Chandler, de Brown Brothers Harriman.