Budget: les députés UMP se rebiffent

Elsa Meyer

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Le projet de loi de finances (PLF) et de financement de la sécurité sociale (PLFSS ) pour 2010 ne séduisent pas les parlementaires. A gauche mais, chose plus inhabituelle, également à droite.

De plus en plus d'élus UMP marquent en effet leur désaccord avec le budget du gouvernement. Même si tous comprennent l'inévitable creusée des déficits avec la crise économique, certains auraient tout de même souhaité des mesures plus volontaristes pour les combler.

Actuellement étudiés en commissions à l'Assemblée nationale, le PLF et le PLFSS subissent donc les assauts des députés de l'opposition et de la majorité.

Durcissement du budget

Sur proposition d'amendements du rapporteur du budget de la Sécu en commission des Affaires sociales, l'UMP Yves Bur, la chasse aux niches sociales a ainsi été durcie: augmentation des taux de contributions sur les stock-options et les retraites "chapeau" et attaque en règle contre les avantages fiscaux des sportifs professionnels.

Même si le projet a finalement été adopté, l'opposition avec le gouvernement a même été plus frontale lors du vote, pour avis, de la commission des Finances. La rapporteur de la majorité du PLFSS, Marie-Anne Montchamp, s'est abstenue, jugeant le texte "insuffisant".

Le bouclier fiscal a également fait des remous entre l'Etat et l'UMP. La même Marie-Anne Montchamp, accompagnée du président de la majorité de la commission des Lois, Jean-Luc Warsmann, a proposé un amendement pour assouplir le dispositif. Le texte a été rejetté après que le gouvernement a affirmé qu'il était hors de question d'y toucher.

"Chacun dans son rôle"

L'ambiance est donc tendue. Pour le sénateur Philippe Marini (UMP), il n'y a cependant aucune opposition frontale. "Chacun est dans son rôle: l’Etat doit gérer la situation à court terme avec une forte pression de l'opinion, tandis que la commission des Finances du Sénat, pour sa part, propose des perspectives à moyen terme", explique-t-il.

Cette situation est même pour lui plutôt une bonne nouvelle: "l'esprit de responsabilité gagne du terrain, alors que ce n'était pas forcément dans la culture de la maison auparavant".

Et même si le sénateur reconnaît certaines divergences de fond sur la gestion des finances publiques, "nous voterons le budget avec le gouvernement à la fin". Quoi qu'il arrive.