Crise financière: l'Allemagne va taxer les banques

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L'Allemagne ouvre, la première, la voie à une taxe sur les banques. L'idée circulait au G20, le FMI planche dessus, la France aussi et les Etats-Unis présenteront un projet à l'automne prochain.

Mais les Allemands ont pris de l'avance. Le conseil des ministres allemand a adopté mercredi le principe d'instauration d'une taxe sur les banques, qui doit alimenter à hauteur de plus d'un milliard d'euros par an un fonds, filet de sécurité en cas de nouveau coup dur pour le secteur financier.

Avec la création d'un fonds dédié au sauvetage des banques, Berlin veut faire payer à celles-ci les conséquences de leur prise de risques. L'Etat allemand a mis beaucoup d'argent sur la table l'an dernier pour venir en aide aux institutions financières en déroute, notamment Hypo Real Estate, entièrement nationalisée, et Commerzbank, deuxième banque du pays.

Le gouvernement allemand insistait en amont sur la double nécessité de prévenir les crises futures et de se faire rembourser une partie des coûts supportés par l'Etat. Ce deuxième objectif a toutefois "été abandonné", a indiqué mercredi matin l'expert en finances du parti libéral FDP, Hermann Otto Solms.

Les banques allemandes seront taxées en fonction de leur importance pour le système bancaire et l'économie du pays, et de leur prise de risques, selon le document d'orientation adopté, qui doit déboucher sur un projet de loi à l'été. Les caisses d'épargne et banques coopératives, à la gestion plutôt conservatrice, devraient donc être relativement peu touchées.

La France change d'avis sur la taxe

Le conseil des ministres s'est réuni en présence de la ministre française des Finances Christine Lagarde, alors que la France, à l'instar d'autres pays, prépare aussi un mécanisme de taxation du secteur bancaire. La France préfère attendre les conclusions du FMI qui planche sur une taxe bancaire internationale.

Christine Lagarde qui se montre ouverte à ce principe, bataillait pourtant farouchement à l'automne la proposition socialiste de taxer les banques. Elle expliquait qu'une taxe pourrait "plomber les banques".

En revanche, la ministre a demandé aux banques de financer le nouveau gendarme des banques et des assurances, l'autorité de contrôle prudentiel (ACP) qui doit surveiller le risque financier systémique.

Le budget de celle-ci sera alimenté par les contributions des banques et des assurances.